Volkswagate : l’ex-patron au courant depuis 2014

Publié le vendredi 04 mars 2016 à 15h44

Martin Winterkorn, l’ancien patron de Volkswagen, a été informé du problème des moteurs truqués dès mai 2014, soit bien avant que le scandale n’éclate en septembre dernier. C’est ce que révèle le constructeur allemand dans un communiqué long de quatre pages, retraçant la chronologie des faits, et publié mercredi 2 mars.

 

Le problème a été évoqué dans un mémo remis à Martin Winterkorn en mai 2014, alors que des irrégularités sur les émissions de certains moteurs avaient été relevées par les autorités américaines. Une seconde note a suivi, le 14 novembre 2014. Et le sujet a de nouveau été évoqué par quelques salariés lors d’une réunion, en juillet 2015, à laquelle participait M. Winterkorn, sans que le sujet ne prenne de l’ampleur.

 

Au moment de sa démission, Martin Winterkorn avait pourtant déclaré ne s'être rendu coupable d'"aucun manquement" et n'avoir rien su des manipulations de données sur les émissions de véhicules produits par son entreprise.

 

Avec ce document, l’entreprise cherche à se défendre contre les accusations de certains actionnaires, qui jugent qu’elle a failli à son obligation d’information dans l’affaire des moteurs truqués. "A ce moment-là [le 18 septembre, quand l’affaire éclate], le nombre de véhicules concernés était limité [environ 500 000] et on pouvait s’attendre à une amende de plusieurs dizaines à plusieurs centaines de millions d’euros", précise le communiqué. Ce n’est que dans les jours suivants que des salariés ont avoué que la fraude révélée aux Etats-Unis concernait en réalité onze millions de véhicules.

 

Le constructeur a annoncé un report de la présentation de ses résultats financiers au 28 avril (initialement prévue le 10 mars). Il en est de même pour l'assemblée générale de ses actionnaires qui se tiendra le 22 juin au lieu du 21 avril.

Concepcion Alvarez

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