Volkswagate : le parquet de Paris ouvre une information judiciaire

Publié le mercredi 09 mars 2016 à 12h01

Le parquet de Paris a ouvert le 19 février une information judiciaire pour "tromperie aggravée" contre le géant automobile allemand Volkswagen, soupçonné d’avoir équipé ses véhicules d’un logiciel permettant de tromper les contrôles antipollution. Cette décision fait suite à l'enquête préliminaire ouverte début octobre par le parquet et à une enquête administrative des services de la répression des fraudes. Cette enquête a mis en évidence "le caractère intentionnel de la fraude" et confirmé "la tromperie sur les véhicules commercialisés en France", selon une déclaration récente de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).  

Volkswagen avait déjà reconnu avoir installé le logiciel sur 11 millions de véhicules équipés de moteur Diesel dans le monde, dont 950 000 en France, sous ses marques Volkswagen, Skoda, Audi et Seat. L’ONG Ecologie sans frontière (ESF) et des centaines de propriétaires de véhicules du groupe ont déjà déposé plainte contre X pour tromperie aggravée et mise en danger de la vie d’autrui. François Lafforgue, un avocat qui représente une soixantaine de plaignants, s’est félicité de cette avancée dans la procédure judiciaire : ce sont "potentiellement des centaines voire des milliers de propriétaires [qui] vont pouvoir se constituer parties civiles", a-t-il déclaré à l’AFP.  

Volkswagen France a affirmé qu'elle entendait "continuer de coopérer, comme elle l'a toujours fait, au déroulement des diverses enquêtes en cours". Mais elle a aussi rappelé que "comme tout un chacun, elle et le groupe Volkswagen bénéficient du droit au respect de la présomption d'innocence dont la violation est judiciairement sanctionnée".  

Il n’y a pas qu’en France que des actions judiciaires sont en cours contre Volkswagen... Outre-Rhin, où le groupe est au cœur d’une enquête pénale, le procureur de Brunswick a indiqué mardi que "le nombre des suspects dans la procédure sur les manipulations aux émissions d’oxydes d’azote est passé de 6 à 17", précisant que, "parmi eux, ne figure aucun membre actuel ou passé du directoire".

Concepcion Alvarez