Un mouvement social paralyse l’une des grosses usines de Renault en Turquie

Publié le vendredi 04 mars 2016 à 09h34

L’usine Oyak de Renault à Bursa, en Turquie, fait l’objet d’un mouvement social depuis le début du mois de janvier. En cause, l’annonce par le gouvernement d’une revalorisation du seul salaire minimum alors que les travailleurs réclament que la mesure soit appliquée à tous pour faire face à l’inflation. 

Le site avait été à l’origine, au printemps 2015, d’un vaste mouvement de protestation qui avait fait tache d’huile. De nombreuses usines comme Bosch, Fiat, Ford, Valeo, avaient alors dû accepter de verser elles aussi des primes à leurs salariés pour calmer le mécontentement.

Mais cette fois, Renault n’a pas voulu céder et a licencié une dizaine de travailleurs. La direction dit avoir engagé une procédure disciplinaire contre 10 de ses employés "qui ont joué un rôle déterminant dans des incidents répétés qui ont fortement perturbé le fonctionnement de l’usine", a déclaré un porte-parole de Renault. La direction a également annulé, à la dernière minute, l’élection des représentants du personnel, qui devait se tenir le 29 février.

Mardi 1er mars, la police a tenté sans succès de disperser les travailleurs. Elle a procédé à l’arrestation d’une vingtaine d’entre eux.

"La violence contre les travailleurs ne peut jamais être acceptée et doit cesser immédiatement, a déclaré Jyrki Raina, la secrétaire général du syndicat international IndustriALL. Nous demandons instamment à Renault de mettre en œuvre les accords que nous avons signé ensemble dans les derniers mois, de réintégrer les travailleurs licenciés et d'organiser des élections libres à l'usine Oyak."

L’usine Renault de Bursa est l’une des plus importantes de Turquie et affiche une capacité de production de 360 000 véhicules par an.

Concepcion Alvarez