Un économiste à la tête du GIEC

Publié le mercredi 07 octobre 2015 à 11h48

Ce n’est pas un climatologue mais un économiste, le Sud-Coréen Hoesung Lee, qui va désormais prendre les rênes du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), succédant à l’ingénieur indien Rajendra Pachauri, en poste depuis 2002. Celui-ci avait démissionné en février après avoir été mis en cause dans une affaire de harcèlement sexuel.

Hoesung Lee a été conseiller spécial du ministre de l’Environnement coréen. Il a aussi passé trois ans chez Exxon et a siégé au conseil d’administration de Hyundai. Membre du GIEC depuis des années et l’un de ses vice-présidents depuis 2008, il n’en a cependant pas été l’un des cadres les plus en vue ni les plus actifs. Sa nomination face à des climatologues peut cependant être considérée comme un tournant dans la vie de l’institution, lié à une place grandissante de l’économie et de ses acteurs dans la lutte contre le changement climatique. Le Coréen entend d’ailleurs mieux promouvoir les questions économiques et sociales dans les travaux du GIEC et incorporer des contributions du monde des affaires, de l’industrie et de la finance.

Il a été élu lundi 6 octobre, à Dubrovnik, face à 5 autres candidats dont le belge, Jean-Pascal van Ypersele arrivé second.

Le GIEC, a été créé en 1988 pour expertiser les connaissances scientifiques, techniques et économiques en lien avec le changement climatique. Tous les 5/7 ans, il sort une revue complète de l’état de ces connaissances et en rend compte aux décideurs politiques. C’est sur ses travaux que se basent notamment les négociations climatiques internationales comme celles de la COP 21.  

En 2007, le GIEC avait reçu le prix Nobel de la paix avec l’ancien vice-président américain Al Gore.

Béatrice Héraud