Rana Plaza : renforcement de la protection des salariés du textile

Publié le lundi 10 juillet 2017 à 09h00

Actualisé le 10 juillet, à 17:22

L’accord sur la sécurité des bâtiments et la prévention incendie au Bangladesh a été renouvelé jusqu’en 2021 et amélioré. Cet accord avait vu le jour en 2013 à la suite de l’effondrement de l’usine du Rana Plaza, l’une des catastrophes les plus meurtrières du secteur (plus de 1000 morts et 25000 blessés). Il implique des syndicats locaux et internationaux, des grandes entreprises et des ONG, sous l'égide de l'Organisation internationale du travail (OIT).

Une meilleure sécurité et protection des travailleurs

Au-delà du renouvellement, l’accord a été élargi à la protection des travailleurs. Une vraie avancée dans un pays qui n'en accorde que très peu. Les usines devront par exemple accorder une indemnité de départ aux employés si l’entreprise ferme ou si elle doit déménager pour des raisons de sécurité. L’accord insiste également sur la liberté syndicale et le droit de négociation collective, régulièrement bafoués. Le nouvel accord ouvre également la possibilité de créer un accord similaire pour des secteurs liés à l’industrie textile comme ceux de la filature et du tissage, qui sont confrontés aux mêmes problèmes.

Autre avancée de cette nouvelle version : le renforcement des contrôles. Le texte permettra que "bien davantage d’usines soient inspectées et rénovées, à mesure que les enseignes signataires s’adjoignent des fournisseurs", explique l’un des syndicats signataires IndustriALL.

Plus de 1000 usines couvertes

L’accord couvrira ainsi plus de 1 000 usines de vêtements du pays, les signataires étant tenus d’y inclure tout nouveau fournisseur. A ce jour, 13 marques et enseignes ont signé cette nouvelle version (l'Accord initial a été signé par 150 marques et distributeurs)  : Kmart Australia, Target Australia, Primark, H & M, Inditex, C & A, Otto, KiK, Aldi South, Aldi North, Lidl, Tchibo et LC Waikiki. Huit autres se sont engagées à le faire : Esprit, Hüren, Bestseller, Wibra, Schmidt Group, N Brown Group, PVH et Specialty Fashion Group Australia.  

Seule entreprise française a avoir signé à ce jour, Carrefour (le 10 juillet 2017). Le collectif Ethique sur l’étiquette appelle donc les autres "multinationales à signer ce nouvel accord, et à assumer leur obligation de vigilance par la mise en œuvre d’un plan de vigilance ambitieux et efficace".

L’accord est unanimement considéré comme ayant apporté des progrès réels en termes de sécurité. Depuis son entrée en vigueur, plus de 100 000 problèmes de sécurité identifiés par les inspections dans 1 800 usines de confection, employant au total plus de 2,5 millions de travailleurs. "Il demeure à ce jour le seul outil indépendant sur la question au Bangladesh, associant par ailleurs les travailleurs à la mise en œuvre", pour le collectif Éthique sur l’étiquette.

Malgré cet accord, de nombreux accidents, meurtriers, continuent de se produire dans les usines bangladaises. Le dernier date du 3 juillet. Il a fait 11 morts et au moins 50 blessés dans la banlieue de la capitale.

Béatrice Héraud