Programmation pluriannuelle de l’énergie : un grand flou sur le nucléaire

Publié le mercredi 09 mars 2016 à 14h39

Le site Alter Eco Plus a dévoilé mardi 8 mars l’intégralité du texte de présentation du projet de programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Une réunion était justement fixée au 8 mars, mais a été une nouvelle fois reportée par le ministère de l’Energie qui évoque une "finalisation complexe des hypothèses et scénarios [qui] prend plus de temps que prévu".

Qu’apprend-t-on dans ce document clé de l’application de la loi de transition énergétique et de l’Accord de Paris ? D’abord, sur les économies d’énergie, la PPE se fixe comme objectif de réduire de 12% la consommation d’énergie finale, de réduire de 37% la consommation de charbon, de 23% celle de produits pétroliers et de 17% la consommation de gaz. Le tout à horizon 2023. Pour cela, elle donne la priorité aux travaux dans le bâtiment, à la hausse du prix du carbone et à la baisse de la consommation d’énergie fossile dans les transports.

En ce qui concerne les énergies renouvelables, l’objectif est bel et bien de de couvrir 30% de la consommation d’énergie en 2023, conformément à la loi de transition énergétique. Comment ? En augmentant de 50% la production de chaleur renouvelable, en doublant la production d’électricité renouvelable (capacité installée de 75 GW en 2023), en amorçant la filière biogaz et en accélérant l’incorporation des biocarburants dans les véhicules. 

Pas de feuille de route claire en revanche pour ce qui est de la production nucléaire, la PPE s’en remettant à la période 2019-2023 et à …l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN)."Il est nécessaire d’attendre les avis de l’Autorité de sûreté nucléaire qui doit définir, en toute transparence et suivant un processus renforcé par la loi, à quelles conditions une centrale peut fonctionner au-delà des 40 ans. Ces décisions vont s’échelonner dans le temps à partir de 2019". D’ici là, le document table sur "une première tranche de 25 GW de prolongation, soit 40 % du parc" au cours de la première période de la PPE.

"La prolongation d’une partie du parc nucléaire français existant est une opportunité économique pour les consommateurs d’électricité car il s’agit d’utiliser des centrales amorties pour produire de l’électricité à bas coût", indique le ministère.

Le document précise sans plus de détails que la fermeture de réacteurs d’une "capacité au moins équivalente" à l’EPR de Flamanville, dont la mise en service est prévue fin 2018, est envisagée. "L’abrogation de l’autorisation d’exploiter cette capacité sera actée par un décret en 2016", complète la PPE. Mais la centrale de Fessenheim n’est pas mentionnée explicitement. Ségolène Royal a toutefois affirmé lundi sur le plateau du 20h de TF1 que celle-ci serait bien fermée d'ici fin 2016, conformément à la promesse du candidat Hollande.

Le comité de suivi de la PPE a été reporté à une date pour l’instant inconnue.

 

 

 

Concepcion Alvarez