Pollution au Nigeria : nouvelles plaintes contre Shell

Publié le vendredi 04 mars 2016 à 17h38

"Le défaut d’entretien et de protection des oléoducs pourrait exposer Shell à une série de nouvelles demandes d'indemnisation de la part de nombreuses communautés du delta du Niger", avertit Amnesty International dans un rapport destiné aux investisseurs.

Un rapport publié alors que deux communautés locales ont déposé cette semaine une nouvelle plainte contre la compagnie pétrolière auprès d’une cour britannique. Elles l’accusent d’être responsable des fuites de pétrole depuis 1989 et réclament des compensations. 

"Nous pensons que ces plaintes émises par des plaignants nigérians contre une société nigériane sur des faits s'étant déroulés au Nigeria devraient être traitées au Nigeria", a indiqué Shell dans un communiqué. Mais en décembre dernier, lors d'une décision prise en appel, la justice néerlandaise s'était déclarée compétente pour examiner les plaintes de quatre fermiers et pêcheurs nigérians, accusant Shell d'être responsable de fuites d'oléoducs ayant détruit leurs terres et leurs étangs.

Par ailleurs, en janvier 2015, au terme d'une bataille juridique de trois ans, Shell avait accepté de verser 55 millions de livres (environ 70 millions d'euros) à la communauté Bodo, touchée par deux importantes fuites de pétrole en 2008, et s'était engagé à nettoyer les dégâts.

"Shell présente un effroyable bilan en matière de zones d'ombre et de désinformation en ce qui concerne ses opérations dans le delta du Niger. Notre rapport révèle à quel point Shell a agi de façon irresponsable dans la région", a déclaré Peter Frankental, directeur du programme Questions économiques d’Amnesty Royaume-Uni. "Il est désolant qu'il faille que Shell soit traîné devant les tribunaux pour qu'une solution soit apportée à ces problèmes".

Selon les Amis de la Terre, la pollution pétrolière au Nigeria, dans sa totalité, est deux fois plus importante que les 5 millions de barils qui avaient été déversés dans le Golfe du Mexique en 2010 à la suite de la fuite causée par l'explosion de la plate-forme Deepwater Horizon du britannique BP. Des chiffres contestés par Shell qui affirme que les fuites résultent de sabotages à grande échelle.

Concepcion Alvarez

Suivez-nous