Pesticides : les néonicotinoïdes triplent la mortalité des abeilles

Publié le mercredi 17 août 2016 à 10h32

Le déclin des colonies d'abeilles sauvages est en moyenne trois fois plus marqué lorsqu’ils se nourrissent régulièrement de plantes traitées aux néonicotinoïdes, une classe d’insecticides. C’est ce que démontre une étude basée sur les cultures de colza en Angleterre entre 2004 à 2011 et parue dans la revue Nature le 16 août. 

Les chercheurs du Centre for ecology and hydrology concluent que "l’utilisation des néonicotinoïdes est liée au déclin à grande échelle et sur le long terme des populations des pollinisateurs sauvages". D’autres causes sont aussi impliquées, rappellent-ils, tels que la perte d’habitat, les agents pathogènes, le changement climatique et d’autres insecticides notamment mais les néonicotinoïdes sont un "facteur majeur" de déclin.

L’étude vient compléter les nombreux travaux scientifiques existants qui montrent l’impact négatif des pesticides néonicotinoïdes sur le système nerveux des abeilles, aggravant la mortalité des colonies dans de nombreux pays.

Depuis fin 2013, un moratoire partiel est en vigueur en Europe sur les néonicotinoïdes: trois substances actives (la clothianidine, l’imidaclopride et le thiaméthoxame) sont interdites (sauf sur les céréales d’hiver). Un nouvel avis de l’Agence de sécurité sanitaire européenne (EFSA) attendu pour début 2017.

En France, la loi biodiversité, adoptée fin juillet, prévoit de bannir tous les néonicotinoïdes sur l’ensemble des terres agricoles mais pas avant le 1er septembre 2018 et avec de possibles dérogations jusqu’en 2020.

Béatrice Héraud