Lobbying : Total accusé de double-langage sur le climat

Publié le vendredi 16 octobre 2015 à 10h52

L’ONG Influence Map publie ce vendredi 16 octobre un rapport qui met en évidence le double-langage des majors pétrolières et gazières en matière de politique climatique alors que dix (1) d'entre elles lancent aujourd'hui, dans une déclaration commune, un appel à un "accord efficace sur le climat" pendant la COP21 et qu'elles s'engagent à collaborer davantage dans la lutte contre le réchauffement climatique sur différents axes : efficacité énergétique, promotion du gaz, élimination du torchage, réduction des émissions de méthane, investissements dans la R&D, développement de la technique de captage et stockage de CO2...  

Si leurs discours sont remplis de bonnes intentions, leur appartenance à certaines associations portant des messages contraires pose cependant question. Derrière Shell, Total est la 2e firme accusée de tenir un double-langage. La major est notamment épinglée pour son siège au sein de l’American Petroleum Institute, dont le président a estimé en avril dernier que les négociations climatiques n’étaient motivées que par "une idéologie politique étriquée". Total est également membre du CEFIC (European Chemical Industry Council) qui a participé à ralentir la mise en place du marché d’échange de quotas de CO2 dans l’Union européenne, selon l'ONG. Enfin, la firme est également au siège de The American Chemistry Council opposé aux objectifs du Clean Power Plan détaillé cet été par Barack Obama.  

Parmi les autres firmes mises en cause, on trouve BP, Chevron et Exxon. Il y a un mois, l’ONG Influence Map avait révélé que près de la moitié des 100 plus grandes entreprises au monde contribuait à ralentir ou à bloquer les politiques climatiques. Total y apparaissait déjà comme le plus mauvais élève français.

 

(1) BG Group, BP, Eni, Pemex, Repsol, Saudi Aramco, Reliance Industries, Royal Dutch Shell, Statoil et Total.

Concepcion Alvarez