Les entreprises manquent de données sur les risques climatiques de leur chaîne d’approvisionnement

Publié le mardi 26 janvier 2016 à 12h34

75 multinationales pesant plus de 2 000 milliards de dollars en dépenses d’approvisionnement ont accepté de répondre à la plus grande étude jamais réalisée sur les données climatiques provenant de leurs fournisseurs et clients.

Une étude réalisée par l’organisation d’investisseurs CDP qui travaille sur la transparence des données environnementales des grandes entreprises cotées, en partenariat avec BSR, le réseau mondial d’entreprises sur la RSE. Cette étude avait pour but de rechercher des informations sur les émissions de gaz à effet de serre et la stratégie climatique de 7 879 fournisseurs clés.

4005 fournisseurs, soit juste un peu plus de la moitié du total, ont réussi à répondre aux exigences de cette étude. Cela signifie que les grandes entreprises ont un angle mort sur une grande partie de leur chaine d’approvisionnement, alors même qu’il s’agit d’un enjeu majeur. En moyenne, celle-ci émet 4 fois plus de GES que les opérations directes d’une grande entreprise. 

Près des trois quarts (72 %) des fournisseurs déclarent que le changement climatique présente des risques qui pourraient affecter de manière significative leurs opérations commerciales, recettes ou dépenses. De même 64 % estiment que la règlementation climatique pourrait constituer un risque concernant principalement leur approvisionnement énergétique ou l’intégration d’un prix carbone, renchérissant le coût de leurs opérations.

Pourtant, moins de la moitié des fournisseurs ont mis en place un objectif de réduction des émissions de GES et seulement un peu plus d’un tiers les a diminuées l’an dernier. Selon McKinsey & Compagny, qui a participé à l'élaboration du rapport, les émissions de GES et la gestion du climat sont de plus en plus pris en compte dans les décisions d’achats, perturbant les modèles d’affaires des fournisseurs. Les grandes entreprises comme L’Oréal, Coca-Cola Company ou LEGO travaillent donc à rendre ces critères climatiques plus intelligibles pour les fournisseurs et acheteurs.

De fait, la performance climatique de ceux qui fournissent des informations au CDP s’améliore avec le temps. Les 1 850 fournisseurs participant au programme dédié à la chaîne d’approvisionnement depuis au moins trois ans montrent une approche plus robuste, les trois quarts d’entre eux ayant d’ailleurs établi des procédures de gestion du risque climatique.

Une plus grande transparence qui paie : ceux qui publient régulièrement ont réalisé de meilleurs bénéfices financiers, avec une moyenne de 1,5 million de dollars d’économie annuelle pour chaque projet de réduction d’émissions de GES.

Béatrice Héraud

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