Le PNUE publie sa boîte à outils pour une finance durable

Publié le vendredi 09 octobre 2015 à 11h23

Comment aligner le système financier sur les principes du développement durable ? C’est la question à laquelle le Programme des Nations-Unies pour l’environnement (PNUE) a tenté de répondre dans son rapport publié le 8 octobre, lors de la réunion annuelle du Fond Monétaire International et de la Banque Mondiale. Il y présente un cadre d’action de près de 40 mesures, un programme d’actions politiques dans les secteurs bancaires obligataires et les marchés d'actions, les investisseurs institutionnels et les assurances, ainsi qu’un ensemble hiérarchisé de 10 étapes visant à promouvoir la coopération financière internationale. Le fruit d’un travail de 18 mois d’enquête à travers 15 pays.

Le groupe de recherche a exploré les leviers des différents acteurs économiques pour construire le système financier durable dont nous avons besoin. Il a identifié une centaine de bonnes pratiques à travers le monde, notamment dans les pays émergents. "Une révolution silencieuse est en cours à travers les initiatives prises par des législateurs et des régulateurs en vue d’intégrer les considérations liées au développement durable au sein des systèmes financiers, (…) largement conduite par des pays en développement et émergents tels que le Bangladesh, le Brésil, la Chine, le Kenya ou encore le Pérou aux côtés de pays développés comme la France et le Royaume Uni." 

Selon le rapport, il faudrait dégager entre 5 000 et 7 000 milliards de dollars chaque année à l’horizon 2030 pour remplir les objectifs de développement durable en termes d’infrastructures, énergies propres, agriculture, traitement de l’eau…Des sommes à mettre en balance avec ce que pèse le système financier : 140 000 milliards de dollars pour les banques à elles seules et 100 000 milliards de dollars pour les fonds de pension. Ainsi, les auteurs du rapport estiment que 6 000 milliards de dollars pourraient être désinvestis dans les énergies fossiles au cours des 15 prochaines années. Autant d’argent à réinvestir dans l’économie bas-carbone.

Concepcion Alvarez

Suivez-nous