Le Canada ratifie l'Accord de Paris mais reste sous le feu des critiques

Publié le jeudi 06 octobre 2016 à 13h40

Quelques heures après que l'ONU a annoncé que l'Accord de Paris sur le climat entrerait en vigueur avant la COP22, le Canada a à son tour ratifié le texte mercredi 5 octobre dans la soirée.

"C'est un grand moment pour le Canada", a affirmé la ministre de l'Environnement, Catherine McKenna, avant la tenue du vote qui a remporté l’adhésion des libéraux et des sociaux-démocrates du NPD. Les conservateurs eux se sont opposés à cette ratification en raison de l’annonce en début de semaine par le premier ministre Justin Trudeau de sa volonté d'imposer une taxe carbone de 10 $ la tonne dans les provinces qui n'auront pas adopté une forme de tarification du carbone à partir de 2018.

Cette taxe sera majorée de 10 $ la tonne par année par la suite pour atteindre le prix plancher de 50 $ à compter de 2022. Cette annonce intervient avant le lancement d’un plan national de lutte contre les changements climatiques attendu pour décembre.

En attendant, la contribution canadienne, dans le cadre de l’Accord de Paris, avait soulevé de nombreuses critiques. Le pays s'est engagé à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 30% d'ici 2030 par rapport aux niveaux de 2005, soit les mêmes objectifs que le précédent gouvernement conservateur.

Pour l’ONG Environnemental Defence, cette réduction ne représente par ailleurs qu’une baisse de 14 % par rapport aux émissions de 1990, année de référence pour le protocole de Kyoto. Un protocole dont le Canada s'est retiré en 2011.

L’absence de normes réellement coercitives à l’égard de l’industrie pétrolière et des sables bitumineux, extrêmement émettrice, fait également débat. Fin septembre, Justin Trudeau donnait ainsi son aval au projet d’oléoduc de gaz liquéfié Pacific NorthWest LNG, dans l’Ouest dont l’ompact climatique est évalué entre 6,5 et 8,7 millions de tonnes d’émissions de GES par an.

"Mettre un prix sur le carbone est une bonne nouvelle mais qui ne comblera pas plus du tiers de l’écart entre la trajectoire actuelle des émissions et les objectifs de Paris" regrette-on chez Greenpeace Canada.  

Concepcion Alvarez