Japon : la justice ordonne l'arrêt de réacteurs nucléaires pour raison de sûreté

Publié le mercredi 09 mars 2016 à 15h51

Deux réacteurs (3 et 4) de la centrale de Takahama, dans l’ouest du Japon vont devoir être mis à l’arrêt pour raison de sûreté. C’est ce qu’a décidé un tribunal, s’appuyant sur les leçons tirées de l’accident de Fukushima, survenu il y 5 ans presque jour pour jour (le 11 mars 2011). "A la lumière de l'accident de Fukushima (...) il reste des interrogations sur les mesures de protection vis-à-vis d'un tsunami et concernant les plans d'évacuation. On ne peut pas dire que la compagnie ait fourni suffisamment d'explications sur le plan de la sûreté ", a souligné le juge dans un témoignage diffusé par la chaîne publique NHK. C'est la première fois qu'un ordre d'arrêt vise une installation nucléaire relancée, souligne l’AFP.

Mais il ne semble pas détourner le gouvernement de sa volonté de faire redémarrer les réacteurs du pays (1) au plus vite. Le gouvernement qui s'appuie lui sur le "jugement de l'Autorité nucléaire selon lequel ces réacteurs répondent à des standards qui sont les plus stricts du monde", a déclaré le porte-parole du gouvernement, Yoshihide Suga. Quant à la compagnie Kansai Electric Power, elle a déjà annoncé son intention de faire appel de la décision.

Le redémarrage de Takahama 3 et 4 avait déjà été retardé de plusieurs mois à cause d'une bataille juridique devant un autre tribunal, celui de la province de Fukui. Mais la compagnie Kansai Electric avait gagné en décembre dernier. Ayant également reçu les feux verts politique et technique (de l’autorité nucléaire) pour redémarrer, les réacteurs avaient ainsi pu être remis en service fin janvier pour le réacteur n°3 et fin février pour le réacteur n°4. Mais un incident technique avait stoppé ce dernier 3 jours plus tard.

 

(1) 43 unités nucléaires sur les 54 d’avant Fukushima sont potentiellement exploitables.

Béatrice Héraud

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