Gaz : une étude dénonce un sur-investissement dans les infrastructures européennes

Publié le jeudi 03 mars 2016 à 13h51

Alors que l’Union européenne a récemment dévoilé sa stratégie sur l’approvisionnement en gaz, une étude montre que très peu de nouvelles infrastructures sont en réalité nécessaires pour répondre aux besoins de l’UE.  

Publiée ce jeudi 3 mars par 3 structures spécialisées dans l'efficacité énergétique, Artelys, Element Energy et Climact, l'étude démontre que les projets de l’UE risquent de mener à un sur-investissement dans les infrastructures de gaz. 9 projets d’investissement sur 10 seraient ainsi superflus. Y compris dans des scénarios de forte hausse de la demande ou dans le cas extrême d’une rupture d’approvisionnement. Au total, 11,4 milliards d’euros d’actifs pourraient être dépréciés.

"Une approche plus intelligente de l'infrastructure énergétique en Europe apporterait plus de sécurité et serait moins coûteuse, affirme Jonathan Gaventa, directrice d’E3G, une organisation à but non lucratif qui œuvre pour la transition énergétique et qui a participé à l’étude. La demande en gaz est déjà en baisse et en investissant dans l'efficacité énergétique, 80% des coûts d'infrastructure de gaz peut être évité. Nous devons saisir l'opportunité de construire un système sécurisé, faible en carbone et éviter ainsi un risque majeur d'actifs bloqués".

Selon l’étude, seulement 32% des terminaux méthaniers existants et 58% de la capacité des pipelines sont aujourd'hui utilisés en moyenne, et la demande en gaz a chuté de 23% au cours des 5 dernières années. "Avec une nouvelle réduction de la demande de gaz prévu en raison de l'efficacité accrue des bâtiments, l'électrification et la planification d’infrastructures mieux intégrées, la grande majorité des nouveaux actifs d'infrastructures gazières sera redondante avant la fin de leur durée de vie" notent les auteurs. "Cela signifie que les méga-projets comme Nord Stream 2, le corridor gazier du Sud et tous les autres sont associés à des actifs risqués".

Une exception toutefois : les projets qui concernent l’Europe du Sud-Est afin de sécuriser la région en cas de rupture de l’approvisionnement par la Russie et l’Ukraine.

Concepcion Alvarez

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