Évasion fiscale : les faucheurs de chaises appellent à un procès des banques

Publié le lundi 08 février 2016 à 16h27

 "Juger Cahuzac c’est bien, juger les banquiers ce serait encore mieux!" C’est sur ce slogan que plusieurs associations (Attac, Les Amis de la Terre, Action non violente COP21 et Bizi !) sont venues remettre à la Justice 196 chaises fauchées dans des agences bancaires accusées d’évasion fiscale alors que s’ouvre aujourd’hui le procès de Jérôme Cahuzac. L’ancien ministre du Budget comparaît pour fraude fiscale, blanchiment et fausse déclaration de patrimoine. 

"Alors que la fraude et l’évasion fiscale représentent un manque à gagner de 60 à 80 milliards d’euros par an pour l’État français, aucun dirigeant de banque française n’a jamais été poursuivi", dénoncent-elles. Leurs revendications : "Le renforcement des services fiscaux", "l’obligation de transparence sur les activités réelles des filiales des banques et l’identité des détenteurs de comptes", et "la pénalisation de l’évasion fiscale organisée par les banques".

Bloqués par la police, les faucheurs de chaises ont dû installer leurs chaises sur le Pont au Change devant l’Ile de la Cité, à Paris. Ces 196 chaises, réquisitionnées depuis février 2015, ont servi à représenter les 196 parties présentes lors de la COP21, pour dénoncer leur immobilisme sur la question des financements pour la lutte contre le changement climatique. Lors du sommet citoyen pour le climat à Montreuil, le 6 décembre, s’y sont assis symboliquement 196 délégués de la société civile du monde entier, considérés comme "les vrais représentants de la COP21".

Concepcion Alvarez