Doubler la part des énergies renouvelables pourrait rapporter jusqu'à 15 fois leurs coûts

Publié le jeudi 17 mars 2016 à 09h54

Selon un nouveau rapport de l'Agence internationale pour les énergies renouvelables (Irena), publié ce jeudi 17 mars, le doublement de la part mondial des énergies renouvelables pourrait réaliser une économie annuelle de quelques 4 200 milliards de dollars – un montant 15 fois supérieur à leurs coûts – à l’horizon 2030.  

Ainsi par exemple, la réduction des importations d'énergies fossiles permettrait d’économiser 300 milliards de dollars par an rien que pour les pays du G7 et la réduction des dépenses d’infrastructure dans les énergies fossiles de 250 à 300 milliards de dollars par an au niveau mondial.  

"Le rapport démontre qu’il s’agit non seulement de la voie la plus économique, mais également de celle qui fait preuve de la plus grande conscience sociale et environnementale. Elle permettrait en outre de créer des emplois (24,4 millions d’emplois dans le secteur des énergies renouvelables d’ici 2030), de sauver des millions de vies grâce à la réduction de la pollution atmosphérique (4 millions de décès évités par an à l’horizon 2030), et d'ouvrir la voie pour limiter le réchauffement de la température mondiale à 2 degrés, comme convenu lors de la conférence de Paris", déclare Adnan Z. Amin, directeur général de l’Irena.  

Pour doubler ce niveau, et passer de 18 % (chiffre de 2014) à 36 % la part des filières alternatives dans la consommation totale d’énergie, à l’horizon 2030, l’Irena estime que le déploiement annuel des énergies renouvelables devrait être multiplié par six. Pour atteindre cet objectif, le rapport identifie cinq actions prioritaires :  

1) corriger les distorsions du marché pour uniformiser les règles en vigueur 

2) encourager une plus grande flexibilité des systèmes énergétiques afin de tenir compte de la nature variable de certaines formes d’énergies renouvelables 

3) développer et déployer des solutions à base d’énergies renouvelables pour le chauffage et le refroidissement dans les nouveaux projets de développement urbain et l’industrie 

4) promouvoir un transport électrique reposant sur les énergies renouvelables et les biocarburants afin de réduire la pollution atmosphérique 

5) garantir un approvisionnement durable, économique et fiable des matières premières bioénergétiques.

En janvier, l'Irena avait déjà publié un rapport qui établissait qu’à l’échelle de la planète le doublement de la part des filières vertes dans le bouquet énergétique, d’ici à 2030, aurait pour effet une hausse du PIB mondial comprise entre 0,6 % et 1,1 %, soit un gain de croissance de 700 à 1 300 milliards de dollars (de 630 à 1 170 miliards d’euros) par an.

 

 

Concepcion Alvarez