Des sénateurs tentent de freiner le développement de l’éolien

Publié le jeudi 25 février 2016 à 15h28

Toute installation d'éolienne, située dans un rayon de 10 kilomètres autour d’un bâtiment classé, devra être soumise à l’accord des Bâtiments de France. Voici la disposition votée par les sénateurs dans le cadre de l’examen, en 1ère lecture, du projet de loi sur la liberté de création, l’architecture et le patrimoine. Un amendement, qui ne devrait pas franchir la barrière de l’Assemblée nationale, mais qui montre l’opposition acharnée de certains sénateurs au développement de l’éolien, alors que la loi sur la transition énergétique en fait un axe prioritaire.

"Les éoliennes ont un impact visuel négatif dans nos territoires", se justifie le sénateur du Jura, Gilbert Barbier, à l’origine de cette proposition adoptée contre l’avis du gouvernement et au grand dam des élus écologistes. La sénatrice EELV du Nord, Marie-Christine Blandin, s’est ainsi livrée à un petit calcul très parlant. "Un rayon de 10 kilomètres représente une aire de 314 kilomètres carrés. Comme la France compte 45 000 monuments historiques, le périmètre protégé serait de 14 130 000 kilomètres carrés, soit 21 fois plus que la superficie de la France (en intégrant l’outre-mer, NDLR)..."

Qui plus est, plaident les avocats Stéphanie Gandet et Sébastien Becue du cabinet Green Law, l’avis de l’architecte des Bâtiments de France est d’ores et déjà demandé avant la délivrance d’un permis de construire éolien lorsque l’installation est visible en même temps qu’un immeuble classé ou un monument historique. Un avis la plupart du temps suivi. "on se retrouverait avec un véritable droit de veto" alertent les avocats. Or, "l'architecte des Bâtiments de France, dans la position conservatrice où il se trouve, a forcément une tendance à s’opposer à l’implantation d’une éolienne".

Concepcion Alvarez