Climat : l’Organisation de l’aviation civile internationale se met d’accord sur un plafond d’émissions de CO2

Publié le mardi 09 février 2016 à 12h04

Pour la première fois, lundi 8 février, un accord a été trouvé au sein de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) pour fixer des plafonds d’émission de CO2 aux nouveaux avions en production. Celui-ci prévoit un objectif de réduction de 33 % des émissions de dioxyde de carbone pour les modèles existants mais qui seront construits à partir de 2023 et de 36 % pour les modèles futurs qui seront construits à partir de 2020.

"La norme globale proposée est particulièrement sévère là où elle aura le plus d'impact : pour les gros aéronefs. L'exploitation des aéronefs pesant plus de 60 tonnes représentent plus de 90 % des émissions de l'aviation internationale. Mais le plus grand soin a également été pris pour assurer que la norme proposée couvre toute la gamme de tailles et de types d'aéronefs utilisés dans l'aviation internationale aujourd'hui", souligne l’OACI.

Mais selon The Guardian, les associations environnementales jugent ce plan insuffisant au regard des efforts attendus par le secteur. La norme exclura en effet les avions déjà en service, or ceux-ci ont une durée de vie de 20 à 30 ans… Par ailleurs, celle-ci ne demandera que 4 % de réduction de la consommation de fioul dans les nouveaux avions comparée à la consommation de 2015. Et selon le Conseil International des Transports Propres (International Council on Clean Transportation), les avions commerciaux les plus performants atteignent déjà ces standards.

Selon l’une de ses études, d’ici 2020, soit 8 ans avant que la norme ne soit réellement effective, la moyenne des avions sera déjà 10% plus performante que les nouveaux standards sur lesquels l’OACI s’est mise d’accord. Cet accord est négocié depuis 6 ans mais s’inscrit aussi dans la lignée de l’Accord de Paris adopté pendant la COP21. Il doit aboutir à une norme très attendue par le secteur qui compte actuellement pour près de 2 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre mais dont la part doit considérablement augmenter d’ici 2030, date à laquelle le trafic aura doublé.

La nouvelle mesure doit encore être adoptée l’an prochain par les 36 États du Conseil d’administration de cette agence de l’ONU pour devenir effective.

Béatrice Héraud

Suivez-nous