Climat : les propositions de la France pour donner un prix carbone au niveau européen

Publié le mercredi 02 mars 2016 à 17h34

Quelques jours avant le conseil européen des ministres de l’environnement du 4 mars, qui doit traiter de la stratégie européenne sur l’énergie et le climat au regard de l’Accord de Paris, Ségolène Royal a défini les priorités de la France concernant le prix du carbone.

Le "prix du carbone est une priorité", assure la ministre de l’Environnement qui invite tous les États membres de l’UE à rejoindre la coalition Carbon pricing leadership portée par la Banque mondiale et le FMI.

Elle propose ainsi 4 axes de travail pour l’action européenne en faveur d’un prix du carbone :

  • La mise en place d’un corridor de prix sur le marché carbone européen EU-ETS. "Il est nécessaire d’atteindre un prix du carbone autour de 30 €/t. Dans le cas où nous n’arriverions pas à augmenter le prix plancher du marché européen pour atteindre cet objectif avant 2020, je propose de mettre en place, à titre transitoire, un mécanisme complémentaire de taxation des énergies fossiles consommées pour produire de l’électricité, sur le modèle du 'carbon price support' du Royaume-Uni", écrit Ségolène Royal.
  • Intégrer une composante carbone dans la fiscalité énergétique des pays européens. En France la contribution climat énergie a été fixée pour 2016 à 22€/t avec une cible de 56€/t en 2020 et 100 €/t en 2030, rappelle la ministre.
  • Inciter à l’instauration de prix carbone hors de l’Union européenne et fédérer les pays qui passent à l’acte. Sans imposer un prix unique, il s’agit de faire évoluer le prix au sein d’un corridor compris entre 10-20$/t avant 2020 et 30_80$/t en 2030. Mais aussi de supprimer les subventions aux énergies fossiles et de préparer la convergence entre les marchés carbone.
  • Prendre les mesures nécessaires pour lutter contre les fuites de carbone. Cela passe notamment par le fait de cibler l’allocation gratuite des quotas sur les secteurs les plus exposés, sans augmenter les volumes de quotas gratuits ou de renforcer le fonds d’innovation pour financer le développement des technologies propres, notamment avec les revenus du marché carbone.

Béatrice Héraud

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