Charbon : malgré la baisse de la demande, près de mille milliard de dollars de nouveaux projets

Publié le mercredi 30 mars 2016 à 15h55

Greenpeace, Sierra Club et CoalSwarm publient aujourd’hui une étude sur les projets de nouvelles centrales à charbon. Les ONG ont calculé que 1 424 gigawatts (GW) de nouvelles capacités de génération au charbon sont planifiés dans le monde. C’est l’équivalent de 1 500 centrales. 338 GW sont même déjà en cours de construction.

Cela représente un investissement total de 981 milliards de dollars, soit près de 1,5 fois la somme nécessaire pour assurer l’accès à l’électricité des 1,2 milliard de personnes dans le monde qui n’y ont pas accès, selon l’estimation de l’Agence internationale de l’énergie.

Un paradoxe, dénoncent les trois organisations, après la signature de l’Accord de Paris en décembre dernier et alors que la demande mondiale baisse. En Chine, par exemple, la demande en charbon a baissé de 3,6% en 2015. Le gouvernement a ainsi annoncé le mois dernier que le pays étant en surcapacité de production, plus d’un millier de mines seraient fermées. Et qu’aucune n’ouvrira avant 2019, au plus tôt.

Conséquence de cette chute de la demande : le taux moyen d’utilisation des centrales à charbon baisse dans les quatre principaux marchés (Chine, Inde, Etats-Unis, UE). En Chine, il est passé de 60 % en 2011 à 49,4 % en 2015, soit le niveau le plus bas depuis 1969, et les autorités prévoient pour 2016 une nouvelle baisse, à 45,7 %.

 

 

Selon cette étude, cette décision pourrait conduire à l’abandon de 60 % des 460 projets de centrale dont la construction n’a pas commencé. De même, en Inde, 11 GW de capacité de génération au charbon sont actuellement à l’arrêt faute de demande. Ces investissements dans le charbon peuvent ainsi s’avérer risqués préviennent les ONG.

"La Chine à elle seule représente la plus grande bulle d'investissement du marché de l'énergie au monde. Même après avoir annoncé la suspension de nouveaux permis de centrales dans 13 provinces, le pays pourrait encore construire plus de 500 nouvelles unités au charbon" s’inquiète Lauri Myllyvirta, chargée de campagne à Greenpeace.

Au-delà du risque économique et climatique, il s’agit aussi d’un enjeu de santé publique, puisque ces projets de centrales menacent de causer le décès prématuré de 130 000 personnes supplémentaires chaque année dans le monde, venant s’ajouter aux 800 000 morts par an déjà provoqués par la production d’électricité à partir de charbon.

Concepcion Alvarez

Suivez-nous