Cancer d’un travailleur du nucléaire : l’affaire portée devant la Cour européenne

Publié le vendredi 15 janvier 2016 à 17h28

Après 20 ans de procédures, en vain, Michel Leclerc, un ancien travailleur du nucléaire atteint de leucémie, a décidé de porter l’affaire devant la Cour européenne des droits de l’Homme "pour faire condamner l’État pour la longueur de cette procédure".  

De 1980 à 1984, Michel Leclerc a travaillé comme mécanicien sous-traitant sur le site nucléaire de Comurhex Malvési dans l’Aude (maintenant Areva Malvési). En 1991, une leucémie est diagnostiquée et les médecins font le lien avec son travail au contact des matières radioactives. Ses analyses d’urine révèlent un taux d’uranium jusqu’à dix fois supérieur à la norme.  

En 1995, le tribunal des affaires de la Sécurité sociale de l’Aude reconnaît la faute de la Comurhex mais se déclare incompétent pour statuer sur le recours intenté contre un tiers, la Comurhex n’étant pas l’employeur direct de Michel Leclerc et l’entreprise sous-traitante ayant été mise hors de cause.  

Michel Leclerc saisit alors le Tribunal de Grande Instance de Narbonne qui déclare à son tour la Comurhex responsable. Mais celle-ci gagne lors de son procès en appel. Aujourd'hui, la cour de Cassation confirme la décision de la cour d’Appel. "Une fois de plus, les vrais criminels ne sont pas reconnus pour les méfaits qu’ils causent. Nous continuerons, nous, salariés de la sous-traitance, à nous battre pour une pénalisation des employeurs", déclare Philippe Billard, syndicaliste et président de l’association Santé Sous-traitance nucléaire chimie.

De son côté, le Réseau Sortir du nucléaire qui soutient Michel Leclerc déplore que "les exploitants nucléaires se défaussent si facilement de leurs responsabilités en se déchargeant sur leurs entreprises sous-traitantes, qui ont bien souvent une courte existence."

Concepcion Alvarez