Au Japon, 20% des femmes enceintes maltraitées au travail

Publié le mercredi 02 mars 2016 à 14h40

Au Japon, le harcèlement lié à la maternité porte un nom : le matahara. Selon une étude commandée par le ministère du Travail et de la Santé japonais et publiée ce 2 mars, plus de 21 % des salariées interrogées (1) affirment avoir été maltraitées lorsqu'elles étaient enceintes dans leur entreprise.

Un harcèlement qui peut être à l'origine d'arrêts de travail avant la naissance d'un enfant, mais aussi conduire à des avortements spontanés ou des naissances prématurées. Près de 29 % des salariées japonaises disent également avoir déjà subi une forme de sexisme.

Certes, l'acception du vocable japonais "sekuhara" (harcèlement sexuel) est bien plus extensive au Japon qu'en Europe  puisque une invitation à dîner en tête-à-tête d'un supérieur est parfois considérée comme tel, souligne l’AFP.

Mais l’étude montre que les réflexions machistes, tendancieuses ou attentant à la vie privée, sont un vrai fléau pour les femmes nippones dans la sphère professionnelle. Et le silence prévaut bien souvent : deux tiers des victimes n'osent pas dénoncer ces problèmes qui peuvent être causés par des hommes (56%) mais aussi par des femmes (38%).  

Au Japon, plus de la moitié des femmes qui accouchent choisissent de renoncer à travailler.  

 

 (1) L'enquête, publiée le 2 mars, a été menée à l'automne 2015 auprès de quelque 4 654 salariées de 1711 entreprises japonaises. Elle a été complétée par une étude effectuée sur Internet sur la base de 5 000 réponses, le tout auprès de femmes de 25 à 44 ans.

Béatrice Héraud

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