Publié le 07 décembre 2017

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[VIDEO] Manger des insectes, une alternative à la viande ?

C'est à Vaux-le-Pénil (Seine-et-Marne), près de Paris, que l'entreprise Jimini's cuisine ses insectes destinés à l'apéritif. Le but est de diversifier nos apports en protéine et réduire notre consommation de viande classique, très polluante. Pour cause, les insectes produisent 99 % d'émissions de gaz à effet de serre de moins que le boeuf et contiennent autant de protéines. Des grillons goût paprika ou de criquets au romarin, un avant-goût de l'alimentation de demain ?


En bouche, on pourrait se laisser tromper. Leur goût et leur texture ressemblent à celui des chips. Visuellement par contre, aucun doute, ce sont bien des insectes. Des insectes comestibles, la spécialité de la société Jimini’s dont l’atelier de cuisine est installé à Vaux-le-Pénil en Seine-et-Marne.

Ce 28 novembre, dans le laboratoire, Corinne* assaisonne des grillons au paprika. Sur la grille d’à côté, les crickets goût crème oignon sont prêts à être emballés. Ces insectes sont destinés à l’apéritif. Une gamme que la société affectionne particulièrement, elle permet aux néophytes de tester de manière ludique leurs premiers insectes.

100 grammes de grillons contiennent plus de protéines que 100 grammes de boeuf

"C’est la première barrière à franchir", explique Raphaëlle Browaeys de Jimini’s. "Nous ne sommes pas des extrémistes de l’insecte, notre but est de diversifier notre alimentation, de montrer qu’il y a d’autres protéines que la viande classique. Celle des insectes par exemple mais aussi des protéines végétales", souligne la porte-parole de la société.

Aujourd’hui, deux milliards de personnes consomment des insectes. Mais les Européens freinent encore des quatre fers. Or, l’impact environnemental des insectes est bien moindre que celles de la viande. Les insectes produisent 99 % d’émissions de gaz à effet de serre en moins que le bœuf pour une qualité nutritive supérieure. Et 100 grammes de grillons contiennent davantage de protéines que 100 grammes de bœuf ou de poulet.

"On mange déjà des crevettes et des huîtres, ce n'est pas si différent"

"Beaucoup nous disent qu’il y a une barrière visuelle. Mais on consomme bien des huîtres et des crevettes, ce n’est pas si différent qu’un petit criquet. Quand on lui enlève ses ailes pour le manger, c’est la même démarche qu’enlever la tête et la carapace", avance Raphaëlle Browaeys. "On associe les insectes à la saleté. C’est un rampant, un nuisible. On a beaucoup de barrières psychologiques qui nous rebutent".

Des barrières qui pourraient bien tomber face à l’urgence de la situation. L’ONU prévoit que d’ici 2050, plus de 9 milliards d’êtres humains peupleront la Terre, contre 7 milliards aujourd’hui. La consommation de viande devrait doubler à cette échéance. Or, les surfaces agricoles nécessaires à l’élevage ne sont pas suffisantes. 

Marina Fabre @fabre_marina


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