Publié le 11 janvier 2018

SOCIAL

Le gouvernement convoque Lactalis, et la grande distribution après des "comportements inacceptables" sur l’affaire du lait contaminé

Le gouvernement a exigé jeudi des explications sur la commercialisation par plusieurs distributeurs (Leclerc, Carrefour, Auchan, Système U) de produits Lactalis qui auraient dû être retirés de la vente à la suite d'une contamination à la salmonelle, dénonçant un "dysfonctionnement majeur" et une "entreprise défaillante".

Plus de 1800 lots de laits contaminés ont été vendus par la grande distribution après qu'un rappel des produits ait été ordonné.
Chris Richardson

Ce jeudi 11 janvier, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a convoqué les représentants de la grande distribution et la direction de Lactalis. La découverte de laits infantiles contaminés par des salmonelles a poussé le gouvernement a rappelé, le 21 décembre dernier, tous les produits incriminés. Or ces derniers jours, plusieurs grandes enseignes de distribution ont révélé avoir vendu des lots interdits au-delà de cette date : 984 chez Leclerc, 434 pour Carrefour, 384 pour Système U et 52 pour Auchan.

"L'Etat s'est (...) substitué à une entreprise défaillante dont je rappelle qu'elle est la seule responsable de la qualité et de la sécurité des produits mis sur le marché", a-t-il dénoncé lors d'un point de presse. Il a ainsi rappelé avoir dû signer lui-même le 9 décembre un arrêté demandant la suspension de la commercialisation des laits infantiles et le rappel de 600 lots, soit 11 000 tonnes.

Il a également annoncé 2 500 contrôles supplémentaires "dès la semaine prochaine" par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), une autorité qui dépend de Bercy et supervise notamment le rappel et le retrait de produits.

Lors des 2 500 contrôles déjà réalisés depuis le 26 décembre par la DGCCRF dans des supermarchés mais aussi dans des crèches ou des hôpitaux, "91 détenaient des boîtes de lait infantile Lactalis qui auraient dû être retirées", a précisé Bruno Le Maire. "Cette affaire est grave, elle a donné lieu à des comportements inacceptables qui devront être sanctionnés."

Une enquête pénale

"C'est un dysfonctionnement majeur dans la procédure de retrait/rappel par les opérateurs, dont c'est la responsabilité", a également déclaré jeudi le ministre de l'Agriculture, Stéphane Travert, qui a appelé les opérateurs à faire "toute la lumière sur les défaillances". "Il y a une enquête pénale (...) qui doit permettre de voir quelles sont les responsabilités précises de chacun et avoir des sanctions", a rappelé sur franceinfo Christophe Castaner, délégué général de La République en marche.

"Ensuite il faut très clairement mettre tous les opérateurs autour de la table parce que chacun est responsable à son échelle d'actions de ce système-là, pour faire en sorte qu'on ait le système le plus fiable possible", a-t-il ajouté. "Il y a eu d'abord une défaillance de l'entreprise, de la grande distribution, il y a eu aussi peut-être une défaillance de l'État", a jugé de son côté sur RTL l'ex-candidat PS à la présidentielle, Benoît Hamon, déplorant une réduction des effectifs de la DGCCRF.

Selon lui, "il y a moins de contrôle sur le terrain et les entreprises qui réduisent leurs coûts pour des logiques de profits nous exposent à des dangers sanitaires". Deux députés, Geoffroy Didier, secrétaire général délégué LR, et Clémentine Autain (LFI), ont réclamé la création d'une commission d'enquête parlementaire.

Au 9 janvier, Santé publique France a recensé 35 nourrissons atteints de salmonellose et ayant consommé un lait ou un produit d'alimentation infantile de cette usine. Dix-huit nourrissons ont été hospitalisés, mais tous sont sortis de l'hôpital, selon la même source.

Ludovic Dupin avec AFP


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