Publié le 02 avril 2015

ISR / RSE

Desmond Tutu demande à son ancienne université de désinvestir les énergies fossiles

La pétition lancée par les étudiants et les professeurs de l'université de King's College l'an dernier, pour convaincre la direction de retirer les 8 millions de livres qu'elle a investis dans le secteur des énergies fossiles, n'a pas suffi. Mais le Prix Nobel de la Paix Desmond Tutu ne compte pas en rester là. L'ancien élève de King's College interpelle son alma mater.

Desmond Tutu s'engage dans le mouvement mondial du désinvestissement des énergies fossiles.
Pool-Rpe Nieboer Katwijk / DPA / DPA Picture-Alliance / AFP

La direction de King's College pensait peut-être que le débat sur le désinvestissement qui a agité l'université au cours des six derniers mois était clos.

Le rapport et les 1400 signatures remis en octobre par Fossil Free KCL, la campagne des étudiants de King's College pour le désinvestissement, avait débouché en février sur un débat entre la direction et les étudiants. La rencontre avait été houleuse.

Le vice-président de l'université, Chris Mottershead, était ressorti affaibli de cette rencontre, après avoir reconnu que ses 30 années de carrière passées chez BP n'étaient pas étrangères à son opposition au désinvestissement réclamé par les étudiants.

 

Mise sous pression inefficace, le King's college inflexible

Pour autant, la direction de l'université n'a donné aucun signe de fléchissement face à la pression exercée par Fossil Free KCL. Le président de l'université, Ed Byrne, avait affirmé que King's College "soutenait les relations avec les entreprises du secteur des énergies fossiles (...) dans la mesure où elles sont transparentes sur les dégâts qu'elles sont susceptibles de causer et qu'elles tentent activement de limiter ces débats".

Or, loin d'être clos, le débat a rebondi cette semaine avec l'intervention de Desmond Tutu. Figure historique de la lutte contre l'apartheid en Afrique du Sud, le Prix Nobel de la Paix a fait du désinvestissement dans les énergies fossiles son combat. Il se trouve que le militant écologiste est en plus un ancien élève de King's College London.

 

Desmond Tutu se jette dans la bataille 

Tutu a fait savoir mardi 31 mars qu'il s'était mis en relation avec son ancienne université pour peser dans le débat initié par les étudiants de King's College. Les recherches menées par Fossil Free KCL ont montré que l'université londonienne avait placé 8 millions de livres dans le secteur des énergies fossiles et, qu'à l'inverse, elle n'avait pas investi un centime dans le domaine des énergies renouvelables.

L'intervention de Desmond Tutu a eu pour effet de braquer les projecteurs sur King's College, quinze jours après que l'université d'Oxford a annoncé qu'elle s'accordait quant à elle plus de temps pour réfléchir à ses propres placements financiers.

Au Royaume-Uni, les organisations liées de près ou de loin au secteur pétrolier subissent une pression qui va crescendo. Au sein de l'église anglicane notamment, les partisans du désinvestissement font de plus en plus entendre leur voix.

 

Le Guardian, un exemple en matière de désinvestissement

 

Le Guardian a par ailleurs lancé une grande campagne militante pour demander aux investisseurs (banques, assurances, Université anglo-saxonnes, fonds de pension, etc) de ne plus investir dans les 200 principales entreprises qui impliquées dans l’extraction, l’utilisation, la transformation et la distribution des énergies fossiles.

Le Guardian Media Group vient d’ailleurs d’annoncer, ce jeudi 2 avril, qu’il se retire de toute activité liée au pétrole, au gaz et au charbon. C’est un flux financier de 800 millions de Livres qui vient de se détourner des énergies fossiles.

Amandine Alexandre, correspondante à Londres
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