Publié le 08 juin 2017

ENVIRONNEMENT

Des perturbateurs endocriniens interdits retrouvés dans les cosmétiques

L'UFC Que Choisir a passé au crible 1 000 cosmétiques. Résultat : 23 substances "rigoureusement interdites", dont des pertubateurs endocriniens prohibés depuis 2 ans, ont été retrouvés dans des fonds de teint et produits capillaires. 


La liste s’agrandit. L’UFC Que Choisir vient de publier une nouvelle liste des substances indésirables présentes dans les cosmétiques. En février, elle en avait déjà recensé 11 dans 400 produits. Cette fois, le cas est beaucoup plus grave puisque l'organisme de défense des consommateurs a décelé 23 substances "rigoureusement interdites".

Parmi les produits concernés, on trouve par exemple le soin pour les yeux L’Oréal Men ou le gel coiffant fixation blindée de Vivelle Dop. Le fond de teint en poudre minérale de Maria Galland contient de l’isobutyparaben, un perturbateur endocrinien avéré "pourtant interdit depuis plus de 2 ans", précise l’association. D'autres produits recèlent du méthylisothiazolinone, interdit depuis juillet 2016 et utilisé fréquemment dans les produits "destinés aux cheveux frisés ou crépus".

L’UFC Que Choisir demande le retrait immédiat de ces produits et appellent les consommateurs "à faire le ménage eux-mêmes". Le président de la Fédération française des entreprises de la beauté (Febea), Patrick O’Quin, interrogé par l’AFP, a demandé aux distributeurs de les "retirer immédiatement du marché, conformément à la réglementation".

Besoin d'une définition des perturbateurs endocriniens

Outre ces produits clairement interdits par la loi, 1 000 produits cosmétiques, jugés "préoccupants" par l’association, sont "toujours en vente".  L’UFC Que Choisir pointe l’huile sèche sublimante du Petit Marseillais, le déodorant Natur Protect de Sanex ou encore le rouge à lèvre Deborah Milano "qui cumule pas moins de 4 perturbateurs endocriniens accroissant le risque d’effet cocktail et donc d’effets nocifs y compris à faible dose".

L'UFC Que Choisir exhorte la Commission européenne à "publier une définition ambitieuse des perturbateurs endocriniens". Bruxelles doit légiférer sur cette question depuis 2009 mais ne parvient pas à avancer. Le 30 mai, la Commission européenne devait proposer pour la cinquième fois une définition des perturbateurs endocriniens aux États membres. Elle a finalement dû y renoncer, faute d’accord entre les pays.

La France, leader européen de la lutte contre ces substances, estime en effet que les définitions proposées par la Commission ne sont pas assez protectrices. En attendant une future discussion, les produits d’hygiène, les meubles ou l’alimentation contenant ces substances dangereuses continuent d’être commercialisées sans restriction.

Marina Fabre @fabre_marina


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