Publié le 18 mai 2017

ENVIRONNEMENT

L'Europe relance la procédure d’autorisation du glyphosate, un composant de l'herbicide Roundup

Nouvelle étape dans la bataille du glyphosate. La Commission européenne a indiqué à l’AFP relancer la procédure d’autorisation pour 10 ans du principal composant de l'herbicide Roundup de Monsanto. Les États membres devraient voter la résolution le 30 mai prochain. L'inquiétude monte du côté des associations environnementales.

Le glyphosate est le principal composant de l'herbicide le plus vendu au monde, le Roundup

Les commissaires européens ont donné leur accord pour "redémarrer les discussions avec les États membres sur un possible renouvellement de l’autorisation du glyphosate pour 10 ans", a indiqué à l’AFP un porte-parole de la Commission mercredi 17 mai. Le vote devrait avoir lieu le 30 mai prochain. Le glyphosate est le principal composant de l’herbicide le plus vendu au monde, le Roundup.

Commercialisé par Monsanto, il fait l’objet, depuis des années, d’affrontements entre les industriels et les associations environnementales. De plus, plusieurs travailleurs agricoles américains atteints de cancer du sang poursuivent en justice la firme agro-chimique. Ils estiment que leur lymphome a été provoqué par un contact prolongé au Roundup. Ces agriculteurs s’appuient sur les études du CIRC (Centre international de Recherche sur le Cancer) et de l’OMS (Organisation Mondiale de la santé) qui ont classé, en 2015, le glyphosate comme "cancérogène probable pour l’homme"

 

Pour l'Agence européenne des produits chimiques, le glyphosate n'est pas cancérogène

 

En juin 2016, la Commission européenne avait prolongé de 18 mois – contre les 15 ans demandé par Monsanto - l’autorisation du glyphosate sur le territoire faute d’accord entre les États membres. Une "bonne nouvelle" pour l’ancienne ministre de l’Environnement, Ségolène Royal, qui avait mené la fronde contre le glyphosate. Ainsi, la France s’était opposé à ce renouvellement, ainsi que Malte. Sept autres pays s’étaient abstenus : l’Allemagne, l’Autriche, la Bulgarie, la Grèce, l’Italie, le Luxembourg et le Portugal.

Mais cette fois, la proposition de la Commission européenne s’appuiera sur l’avis de l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA). Le 15 mars dernier, elle a estimé que le glyphosate ne pouvait être classé comme substance cancérogène.  Une expertise dénoncée par les associations environnementales. Une soixantaine d’entre elles reprochent à l’ECHA de fonder une partie de son analyse du glyphosate sur des études fournies par les industriels producteurs de l’herbicide. L’association Générations futures dénonce également des conflits d’intérêts de plusieurs membres du comité d’évaluation de l’Agence européenne des produits chimiques. 

Reste à savoir si la France changera ou non, sa position sur le sujet. La Fondation Nicolas Hulot, créé par le nouveau ministre de la Transition écologique et solidarité, s’est toujours opposée à l’autorisation du glyphosate. Et Nicolas Hulot lui-même disait : "Le XXème siècle a été le siècle de l’hygiène bactériologique, le XXIème doit devenir le siècle de l’hygiène chimique. Chaque jour compte pour lutter contre les perturbateurs endocriniens et désintoxiquer notre société car nous sommes tous potentiellement des victimes qui s’ignorent". 

 

Marina Fabre, @fabre_marina

 


© 2017 Novethic - Tous droits réservés

‹‹ Retour à la liste des articles

Voir nos offres