Publié le 07 décembre 2017

ENVIRONNEMENT

Glyphosate, fipronil, chlordécone… La France va mesurer le taux de pesticides dans l’air

Le glyphosate est-il très présent dans l'air ? Certaines populations sont-elles surexposées au fipronil ? Pour répondre à ces questions, la France va mesurer en 2018 le taux de pesticides dans l'atmosphère. Des données qui permettront de définir, à l'avenir, des normes et une stratégie globale de surveillance. Un enjeu crucial pour lutter contre la pollution. 

Pour la première fois la France va mesurer pendant une année, sur tout le territoire, le taux de plusieurs pesticides dans l'air.

Et si on recevait des alertes de pollution de l’air au glyphosate ou au fipronil ? L’ATMO, Fédération des associations de la Surveillance de la qualité de l’air (AASQA), a annoncé le 28 novembre lancer "une campagne exploratoire de surveillance des pesticides dans l’air" dès 2018. Le fruit d’un partenariat avec le ministère de la Transition écologique et solidaire et l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (ANSES) dans le cadre du plan national de réduction des émissions de polluants atmosphériques.

Bientôt des normes 

Depuis 15 ans, les AASQA mesurent déjà le taux de pesticides dans l’air mais "dans le cadre d’initiative locale", explique-t-on à la Fédération. Certains maires, alertés par les citoyens, en faisaient individuellement la demande. C’est notamment le cas pour l’incinérateur de déchets de Vaux-le-Pénil (Seine-et-Marne), à côté de Paris. C’est l’ancienne maire de la commune voisine de Maincy, Pascale Coffinet, qui avait demandé des analyses du taux de dioxine. Les résultats avaient révélé des taux 2 200 fois supérieurs à la norme. Aujourd’hui, la ville de Melun qui exploitait l’incinérateur se retrouve sur le banc des accusés.

Mais ces tests, dispersés sur tout le territoire, suivent des protocoles différents. "On va pouvoir homogénéiser nos mesures sur tout le territoire et permettre à l’ANSES d’évaluer l’impact sanitaire", avance un porte-parole. Les résultats de cette année d’expérimentation vont en effet permettre d’identifier les populations surexposées et les substances les plus présentes. Et, à terme de définir des normes. "Le retour d'expérience de cette campagne exploratoire permettra de définir potentiellement une stratégie nationale de surveillance en la matière", précise Guy Bergé, président d'ATMO France. 

Le glyphosate, très volatile, est difficile à mesurer dans l'air 

Au total, 90 substances prioritaires ont été identifiées par l’ANSES. Parmi elles, le fipronil, célèbre depuis la crise des œufs durant l'été 2017, la chlordécone, pesticide couramment utilisé dans les bananiers des Antilles, ou encore le glyphosate, le principal agent actif du désherbant Roundup. Ce dernier donne d’ailleurs du fil à retordre aux associations de Surveillance de la qualité de l’air. "Le glyphosate est une substance très volatile. Certaines fois on pense l’avoir capturé et quand on arrive au laboratoire, il n’y est plus. Et il demande des équipements particuliers", souligne la Fédération. 

Jusqu’ici les AASQA mesuraient nationalement une quarantaine de polluants réglementaires comme les particules fines, le dioxyde de soufre et d’azote mais aussi des métaux tel que l’arsenic, le nickel ou le plomb. C'est donc une petite révolution que représente le lancement de cette nouvelle campagne dédiée aux pesticides. 

Marina Fabre @fabre_marina


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