Publié le 13 février 2018

ENVIRONNEMENT

Un "Canibal" dans l'entreprise pour avaler plus de déchets recyclables

En 2009, Benoît Paget créait Canibal, une drôle de machine servant à recycler les canettes et gobelets dans les entreprises. Un peu moins de 10 ans plus tard, plus de 200 machines sont déployées sur le territoire. Et les gains sont doubles : pour la planète et les entreprises. Car les machines sont de formidables vecteurs de communication sur la politique environnementale des entreprises.   

Chaque seconde, 140 000 de déchets issus de boisson comme les gobelets de café en plastique sont jetés à travers le monde
pixabay

Et si recycler les canettes et gobelets de votre entreprises servait aussi à mieux faire comprendre l’intérêt de sa politique RSE (Responsabilité sociétale des entreprises) ? C’est le pari de Canibal, une PME qui construit des machines ludiques destinées à favoriser le recyclage des boissons dans les entreprises et lors d'événements. "Nous sommes des missionnaires, assure Benoît Paget, son fondateur et président. Notre conviction et notre message sont clairs : les déchets d’aujourd’hui sont nos ressources de demain. Mais pour cela, il faut que la collecte se fasse avec fun, enthousiasme et bonne humeur !"

Recycler dans la bonne humeur

Depuis 2009, plus de 200 machines de Canibal ont été installée dans l’Hexagone. On en retrouve chez McDonald’s, Primagaz, Kronenbourg, Science Po, l’hôtel Meurice... Avec leurs faux airs de machines à café, elles font en réalité tout le contraire : elles récupèrent gobelets, bouteilles et canettes pour les compacter et les recycler. Le tout avec le sourire puisqu'une fois le déchet avalé, la machine peut poser des questions sur le recyclage et faire gagner coupons de réductions, des coupe-file ou autres goodies. "Ce n’est pas tant le gain qui est important mais le plaisir qui vient du jeu. Il permet de rendre le recyclage séduisant", estime Benoît Paget.

 

"Comme notre objectif est d’éduquer et de sensibiliser les collaborateurs, l’important est aussi de tenir notre promesse : celle de recycler à 100 %. Pour les canettes et l’aluminium, c’était facile car les filières existent déjà. Mais il a fallu créer celle pour les gobelets, relate l’entrepreneur. Nous avons donc créé le caniplac, une matière issue à 90 % des gobelets récoltés et triés par nos machines. Celle-ci est ensuite transformée en revêtement pour le sol ou en poubelles. Elles peuvent aussi devenir des prothèses pour enfant handicapées. Cela donne du sens au recyclage". Ainsi, les collaborateurs s’impliquent davantage.   

Mieux impliquer les collaborateurs

Un constat que partage Walter Delage, responsable développement durable de Primagaz. Depuis 2014, le groupe a installé huit machines. "Comme pour beaucoup d’entreprises, quand nous avons entamé notre démarche RSE, que nous voulions participative, nous avons travaillé sur le recyclage dans nos propres locaux. Notre questionnement était de savoir comment compacter et recycler des milliers de déchets chaque jour et impliquer nos salariés sur le long terme. Le côté ludique et convivial des machines à recycler nous a séduits. Elles nous permettent de communiquer sur nos actions RSE ou de mécénat auprès de nos collaborateurs et de nos parties prenantes, comme les actionnaires qui viennent nous rendre visite".

Ce type de recyclage a donné à Primagaz l’envie d’aller plus loin. "À terme nous visons zéro déchets pour le café, en recyclant également le marc de café et pourquoi pas en cherchant des synergies avec le caniplac puisque nous utilisons du plastique pour nos bouteilles de gaz. La boucle est bouclée !"

L’enjeu environnemental du recyclage de ces déchets de boissons est de taille. Dans le monde, chaque année, 1000 milliards de ces déchets sont jetés. À peine 5 % d’entre eux sont recyclés. Le reste est au mieux brûlé. Au pire, il finit dans les océans.

Béatrice Héraud @beatriceheraud


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