Publié le 15 décembre 2017

ENVIRONNEMENT

Veolia, Suez, Danone... Ces entreprises qui fondent pour le recyclage du plastique

Après l'annonce de la Chine, cet été, de ne plus importer les déchets plastiques européens, la filière tente de s'organiser. Le leader mondial Veolia veut quintupler son chiffre d'affaires dans le recyclage des plastiques d'ici 2025 et Danone souhaite travailler en circuit fermé. Des ambitions fortes pour répondre à l'objectif du gouvernement : 100 % de plastiques recyclés dans huit ans. 

Suite à la décision de la Chine de ne plus importer les déchets plastiques européens, la France va devoir booster sa filière de recyclage pour répondre à ce défi.
Marina Fabre

Comment gérer la décision de la Chine de ne plus être "la poubelle" de l’Europe ? Au mois d’août, le pays a annoncé vouloir interdire l’importation de 24 types de déchets, en majorité des plastiques, provenant de l’Union européenne. Une catastrophe pour les uns... Une opportunité de booster la filière du recyclage et de la valorisation en Europe pour Jean-Marc Boursier, président de la FNAD, Fédération nationale des activités de la dépollution et de l’environnement.

L’économie circulaire "est l’avenir de notre métier", dit Veolia

Veolia, le leader mondial de la gestion de l’eau et des déchets, ne s’y est d’ailleurs pas trompé. Le groupe a annoncé vouloir passer de 200 millions à 1 milliard d’euros de chiffres d’affaires dans le recyclage des plastiques en 2025. "L’avenir du métier est l’économie circulaire et le recyclage", affirme son Président, Antoine Frérot. Dans cette perspective, il est suivi par le numéro 2, Suez, qui a pour ambition de passer de 400 000 à 600 000 tonnes de plastiques recyclés.

En 50 ans, la production mondiale de plastique a explosé de 2 000 %,  passant de 15 millions de tonnes à 311 millions. Et, les deux tiers finissent dans la nature. Et surtout dans les océans. La fondation Ellen Macarthur estime qu’à ce rythme, d’ici 2050, il y aura, en masse, dans l’océan plus de plastiques que de poissons.

D'ici 2020, Danone n'enfouira plus aucun déchet industriel

"Ce n’est pas soutenable. Il faut passer d’une économie linéaire à une économie circulaire", plaide la secrétaire d’État auprès du ministère de l’Économie et des Finances, Delphine Gény-Stephann. "L’économie circulaire peut être un facteur de différenciation. Nous devons transformer notre filière et notre modèle industriel. Et placer la France parmi les pays pionniers", espère-t-elle.

Un souhait partagé par Emmanuel Faber. Le PDG de Danone a "pris conscience" qu’il ne fallait pas "segmenter" la chaîne de valeur mais penser le cycle du plastique dans son ensemble. Le groupe s’est donc fixé comme objectif de réduire de moitié son intensité carbone d’ici 2030, pas seulement sur les produits finis, mais sur tout leur cycle de vie. "On a décidé de ne plus enfouir un seul de nos déchets industriels d’ici 2020. On réfléchit en amont à l’écoconception, à des emballages naturels et renouvelables. Notre souhait est de fermer la boucle de recyclage", assure Emmanuel Faber.

Appel à une TVA réduite pour les plastiques recyclés et à un prix carbone

Reste que de multiples freins ralentissent l’ambition du gouvernement de voir tous les plastiques recyclés d’ici 2025. D’abord, des limites techniques. Les plastiques sont tous différents, entre les multicouches et les thermodurcissables, chacun nécessite un traitement particulier. Ensuite, "il y a un problème d'acceptabilité. Dans l’imaginaire, les matières recyclées ne sont pas totalement saines, surtout dans le secteur de l’agroalimentaire", témoigne Antoine Frérot.

Enfin, sans incitation financière, difficile de faire basculer le marché. Pour l’instant le plastique vierge est beaucoup plus compétitif que les résines recyclées. Les différents acteurs du secteur appellent le gouvernement à l’instauration d’une TVA réduite puisque "ces produits ont déjà été taxés une première fois" estime Jean-Marc Boursier.

Ils demandent également la création d’un prix carbone de 30 à 40 euros la tonne et l'obligation d'introduire un pourcentage minimum de plastiques recyclés dans les nouveaux produits. Des mesures auxquelles Brune Poirson, secrétaire d'État à l'écologie et Delphine Gény-Stephann disent réfléchir dans le cadre de l'élaboration de la feuille de route du gouvernement sur l'économie circulaire.

Marina Fabre@fabre_marina


© 2018 Novethic - Tous droits réservés

‹‹ Retour à la liste des articles

Voir nos offres