Publié le 03 août 2017

ENVIRONNEMENT

[RETOUR SUR L'ACTU] Climat : le Monde selon Donald Trump

Novethic vous propose de revenir sur les actualités majeures qui ont rythmé la première moitié de l’année 2017. Aujourd’hui, retour sur la sortie des États-Unis de l’Accord de Paris. Cette décision prise par Donald Trump, le 1er juin 2017, symbolise la vision environnementale mais aussi économique et diplomatique d’un président américain ancré dans le court terme.

Donald Trump lors de la cérémonie d'investiture.
Timothy A Clary / AFP

Le 1er juin 2017, la décision de Donald Trump a fait l’effet d’une onde de choc. L’annonce du retrait des États-Unis de l’Accord de Paris sur le climat était attendue mais redoutée. En quelques heures, les réactions de consternation se sont accumulées de la part des dirigeants politiques et économiques. "C’est une faute pour l’avenir de notre planète", dira le président français fraîchement élu Emmanuel Macron. C’est aussi un "revers pour le leadership des États-Unis dans le monde", affirmera de son côté Lloyd Blankfein, le PDG de la banque d’affaires Goldman Sachs.

Au nom de la grandeur américaine

C’est pourtant au nom de son fameux slogan "Make America Great Again" que Donald Trump a expliqué prendre cette décision. "Afin de remplir mon devoir solennel de protection de l’Amérique et de ses citoyens, les États-Unis se retireront de l’Accord de Paris sur le climat. Je ne peux pas, en conscience, soutenir un accord qui punit les États-Unis (…). J’ai été élu pour représenter les habitants de Pittsburgh, pas de Paris", a ainsi déclaré le président américain.

Si l’annonce marque un tournant diplomatique face au leadership américain vu lors de la COP21, elle ne vient que parachever le rétropédalage environnemental et climatique amorcé depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump. Entre le détricotage des normes environnementales et la relance du charbon, la contribution américaine dans la lutte contre le changement climatique a du plomb dans l’aile.

Décision politique versus réalité économique

Pour autant le retrait américain est loin d’être concrétisé. Selon les différentes institutions onusiennes contactées par le journal Le Monde deux mois après l’annonce, c’est le statut quo. Ni la CCNUCC (la Convention cadre des Nations Unies sur les Changements climatiques), ni le secrétariat général des Nations unies n’ont reçu de communication de l’administration Trump. D’ailleurs, aucun pays ne peut quitter l’Accord dans les trois ans suivant son entrée en vigueur (le 4 novembre 2016). Un point juridique que Washington pourrait toutefois contourner en revoyant à la baisse sa contribution nationale, c’est-à-dire ses objectifs en matière de réduction intérieure des émissions de gaz à effet de serre.

Et c’est justement ce que ne veulent pas laisser faire certains acteurs économiques, financiers et politiques, parmi lesquels des poids lourds nationaux et internationaux. "We are still in" ("Nous sommes encore engagés dans l'Accord") ont clamé ensemble des géants de la Silicon Valley, de l’assurance ou de la grande conso. À rebours des arguments avancés par le président américain, ils expliquent simplement que l'Accord de Paris est favorable à la création d'emplois, à la stabilité et à la prospérité mondiale…et américaine.

Sur la scène diplomatique, les autres nations ont vite voulu combler le vide dans la lutte contre le changement climatique laissé par le retrait américain. Très vite, Emmanuel Macron a saisi l'opportunité en détournant le slogan préféré de Donald Trump pour celui, plus climate friendly de "Make Our Planet Great Again". Quant à la Chine, elle prend de plus en plus une place de leader en matière d’investissement dans les énergies renouvelables et de lutte contre la pollution…

Un revirement possible ?

Ces arguments auraient-ils fait mouche ? Face à la montée en puissance de la résistance de la société civile mais aussi de la sphère politique, Donald Trump laisse entrevoir une certaine ouverture vers un assouplissement de sa position. Cela n’a pas été le cas lors du G20 où les 19 puissances économiques ont dû faire la concession d’une mention des "énergies fossiles propres", un concept cher au président américain, dans leur communiqué final.

Mais le président français, qui a reçu son homologue américain lors des cérémonies du 14 juillet, veut croire à une "solution" alternative "dans les prochains mois". Un optimisme confirmé par Donald Trump lui-même qui, lors d’une conférence de presse, a déclaré que "quelque chose pourrait se passer sur l’Accord de Paris". Reste à savoir de quel ordre…

Béatrice Héraud @beatriceheraud


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