Publié le 12 décembre 2017

ENVIRONNEMENT

Bruxelles annonce un plan de 9 milliards d’euros pour lutter contre le changement climatique en Afrique et aux frontière de l'Europe

A l’occasion du One Planet summit, l’Union européenne a annoncé un plan d’investissement extérieur de 9 milliards d’euros d’ici 2020 pour la transition bas-carbone sur le continent africain et les régions limitrophes de l’Europe. Il s’agira de trois fonds respectivement dédiés à l’énergie, aux villes durables, et à l’agriculture durable. Ceux-ci sont censés permettre de lever 44 milliards d’euros.


Dans le cadre du plan européen d’investissement (PEI), l’Union européenne a annoncé des investissements de l’ordre de 9 milliards d’euros d’ici 2020 dans trois domaines ciblés : villes, énergie et agriculture durables. Ils concernent l’Afrique et les pays voisins de l’Union européenne. 

Le plan comprend un nouveau fonds européen pour le développement durable Il doit permettre de lever 44 milliards d’euros, en réduisant les risques d’investissement et en mobilisant des fonds supplémentaires, notamment privés. 

Les bénéfices sont "multiples", selon Miguel Arias Cañete, Commissaire à l'Action pour le climat et l'énergie: "de nouveaux emplois, une croissance accélérée et durable, une résilience optimisée par rapport aux impacts du réchauffement climatique, une meilleure santé, la réduction de la pauvreté et une meilleure connectivité".

Ensemble, l'UE et ses États membres sont aujourd’hui les premiers pourvoyeurs mondiaux de financement de la lutte contre le changement climatique, avec 20,2 milliards d’euros pour les pays en développement en 2016. Ils sont aussi les premiers pourvoyeurs d'aide au développement, avec 75,5 milliards d'euros l'année dernière, soit près de 60 % du total mondial.

Un plan finance durable en mars

Ce plan d’investissement extérieur (pour l'étranger) s’intègre dans un plan plus large d’investissements pour la planète qui compte 10 initiatives. 

Parmi celles-ci on compte ainsi un plan plus large sur la finance durable destiné notamment à financer la transition énergétique de l’Union. Celui-ci sera présenté en mars 2018, après que le groupe d’experts de haut niveau (HLEG) aura rendu ses conclusions en janvier. 

"L’objectif est de mettre la pression sur le secteur financier, sur toute la chaîne, pour qu’il se verdisse en changeant les règles du jeu financier", explique Valdis Dombrovskis, vice-président pour l’Euro, la stabilité financière et les services financiers.

Celui-ci s'est ainsi déclaré favorable à l'introduction d'un "green supporting factor". L'idée est d'abaisser les exigences de fonds propres pour les financements considérés "verts" sur le modèle de ce qui existe pour les financements de PME ou de projets d'infrastructures. Un sujet qui fait l'objet de vif débats et qui est mis en balance avec l'introduction d'un "brown penalising factor" qui augmenterait les exigences de capital pour les investissements dans les énergies fossiles. 

Au menu des discussions qui sont actuellement menées dans le cadre de l’élaboration de ce plan : une taxonomie de l’économie verte "qui permettra de définir ce qu’est l’économie et la finance verte et par là même d’éviter le greenwashing", des labels verts européens pour la finance verte, plus de transparence des grandes entreprises cotées en matière de climat et plus généralement de données extra-financières. 

Le défi est de taille : "Nous avons identifié un fossé de près de 180 milliards d’euros pour tenir nos engagements sur l’Accord de Paris. Cela va au-delà de la capacité de financement public, il est donc important d’attirer les financements verts privés", explique Valdis Dombrovskis.

Béatrice Heraud @beatriceheraud


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