Publié le 27 octobre 2017

ENVIRONNEMENT

L’Oréal championne mondiale du développement durable, selon le CDP

Neutralité carbone, zéro déforestation, usines sèches... L’Oréal s’attaque au développement durable sur tous les fronts. Le groupe vient de se voir décerner la meilleure note par le CDP dans son classement annuel des entreprises mondiales en matière de performance environnementale. Une référence pour les investisseurs qui cherchent de plus en plus à mesurer le risque climatique de leurs portefeuilles. 

L'Oréal a réduit ses émissions de CO2 de 67 % entre 2005 et 2016 alors que la production a augmenté de 29 % dans le même temps.
Hervé Abbadie / DR

C’est un triple A qui a de nouveau été décerné à L’Oréal cette année pour ses actions en faveur de l’environnement. Le CDP a publié mardi 24 octobre son rapport annuel (1) sur les efforts des entreprises en matière de développement durable. Il apparaît que 9 multinationales sur 10 se sont fixées des objectifs d’émissions de CO2, poussées notamment par les investisseurs. Deux entreprises sont consacrées, Unilever et le géant français des cosmétiques, L’Oréal. Ils ont tous les deux obtenus les meilleures notes en ce qui concerne l’action climatique, la déforestation et la gestion durable de l’eau.

"Nous sommes très honorés d’être reconnus par le CDP comme l’une des deux seules entreprises ayant obtenu un score de trois A. A mi-chemin de nos engagements pour 2020, L’Oréal a déjà entrepris une transformation en profondeur pour atteindre les objectifs ambitieux que nous nous sommes fixés sur une plus large échelle, spécifiquement en faveur de la protection du climat, la gestion durable de l’eau et notre combat contre la déforestation. Cette reconnaissance est un formidable encouragement pour aller encore plus loin", s’est réjouit Jean-Paul Agon, PDG de L’Oréal.

Neutre en carbone en 2020

En 2016, le groupe a atteint, avec quatre ans d’avance, ses objectifs carbone avec une réduction de 67 % de ses émissions de CO2 pour sa production (par rapport à 2005) et de 20 % pour le transport (par rapport à 2011). L’Oréal a par exemple réduit la consommation d’énergie dans ses usines et centrales de distribution de 33 %. Près de la moitié d’entre elles s’approvisionne en énergies renouvelables. Et 15 sites sont neutres en carbone. Par ailleurs, le leader de la beauté mise sur le ferroviaire plutôt que la route, réduit le recours au transport aérien et optimise le remplissage des containers sur les cargos.

Le n°1 mondial de la beauté souhaite par ailleurs devenir "carbon-balanced" à horizon 2030, c’est-à-dire qu’il va compenser toutes les émissions de gaz à effet de serre résiduelles liées à sa production. Trois premiers projets énergétiques et forestiers ont vu le jour l’an dernier et ont permis d’économiser l’équivalent de 8 300 tonnes de CO2. Par exemple au Burkina Faso, avec l’installation de 1 500 foyers améliorés métalliques, qui remplacent les foyers traditionnels utilisés pour ébouillanter les noix de karité. Cela permet d’éviter l’émission de plus de 2 300 tonnes de CO2 par an et la coupe de près de 800 tonnes de bois.

Prochain défi : les émissions indirectes

L’Oréal mène également des actions contre la déforestation et pour une gestion durable de l’eau. Le groupe s’est fixé l’objectif de 0 déforestation en 2020 avec aujourd’hui déjà une huile de palme 100 % certifiée et entre 90 et 99 % du papier/carton utilisés issus de forêts gérés de façon durable. Des usines sèches vont commencer à voir le jour dès l’année prochaine. Elles n’utiliseront que de l’eau recyclée. Le packaging des produits va également inclure de plus en plus de matière recyclée.

Désormais, le principal défi pour le leader de la beauté ce sont les émissions indirectes qui concernent par exemple l’utilisation des produits vendus. "C’est très difficile dans les métiers de la cosmétique parce qu’il n'est guère efficace de demander à nos clientes de réduire le temps passé sous la douche ou d’arrêter de prendre des bains. Nous menons bien sûr des actions de sensibilisation mais on constate que si les consommateurs demandent plus de produits durables et responsables, cela ne se traduit pas encore dans leurs actes d’achats. Cela va être amené à changer dans les années à venir", espère Alexandra Palt, directrice Développement durable du groupe.

En amont, L’Oréal transforme aussi sa chaîne de valeur. Ainsi, 83 % de ses fournisseurs stratégiques sont évalués sur leurs performances environnementales et sociales. "Si l’on veut survivre, nous n’avons pas le choix, c’est la seule voie à suivre, il n’y a pas de plan B. Les conséquences du changement climatique sont déjà visibles. Alors bien sûr, une telle politique demande des investissements importants, mais elle permet également d’engendrer des économies. Notre responsabilité est de montrer l’exemple et de prouver aux autres acteurs que c’est possible" conclut Alexandra Palt.

Concepcion Alvarez @conce1

(1) Il porte sur les 1 073 entreprises ayant répondu au questionnaire du CDP, celles-ci représentent 12 % des émissions mondiales. L'initiative est soutenue par plus de 800 investisseurs mondiaux, qui représentent 100 000 milliards de dollars d'encours.


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