Publié le 09 février 2018

ENVIRONNEMENT

Climat : La Cour des comptes confirme la "vulnérabilité croissante" des stations de ski

Si la neige tombe à flot en ce moment, elle se fait pourtant de plus en plus rares depuis quelques années en montagne. Dans son rapport annuel, la Cour des comptes s'alarme d’ailleurs de la "vulnérabilité croissante" des stations de ski des Alpes du nord face au réchauffement climatique, en dénonçant les réponses inadaptées de leurs gestionnaires.

La neige artificielle est de plus en plus utilisée par les stations de ski face à la pénurie de neige. Une pratique pourtant peu durable déplore la Cour des Comptes.
Pixabay

Après une première mise en garde il y a 7 ans, la Cour des Comptes tire de nouveau la sonnette d’alarme sur la vulnérabilité des stations de ski françaises au changement climatique. Dans son rapport annuel publié mercredi, la juridiction déplore que ses recommandations formulées il y a déjà sept ans, ont été "peu entendues, notamment celles invitant à privilégier les voies d'un développement durable".

Pénurie de neige

L’alerte peut paraître étrange en cette période où la neige tombe à flot sur de nombreuses régions françaises mais elle est liée à un contexte plus général de changement climatique qui menace sérieusement l’enneigement des stations françaises depuis plusieurs années déjà.

La Cour s’est intéressée à la gestion des 17 domaines skiables, une première fois en 2011, pour un premier bilan, puis entre 2015 et 2017, pour analyser l’évolution des pratiques. Parmi les domaines étudiés, on trouve ceux de Chamonix et de Megève en Haute-Savoie, de grandes stations savoyardes comme Courchevel ou Tignes, et des beaucoup plus petites situées dans le Vercors ou le Jura. Avec un chiffre d'affaires de 568,3 millions d'euros, ces domaines pèsent pour plus de la moitié du total des remontées mécaniques des Alpes du nord.

Or, le rapport constate "un statu quo, voire l'aggravation de certains déséquilibres" liés à un modèle de développement ayant "atteint ses limites", dans un contexte financier et météorologique parfois difficile. Si les sites de moyenne et basse montagne sont les premiers touchés, le réchauffement se fait
aussi sentir plus haut. Ainsi, le recul des glaciers "remet en cause la pratique du ski d'été ou la fréquentation estivale de voies et de parcours devenus instable ou dangereux", relève la Cour.

Une gestion de court terme et peu durable
  
La liste des griefs est longue : politiques tarifaires "mal maîtrisées", investissements "privilégiant le
court terme
" ou encore la généralisation de l'enneigement artificiel, une solution "partielle et onéreuse". Confrontées à une pénurie de neige ces dernières années, les stations y ont eu abondamment recours, ce qui pose des problèmes d'approvisionnement en eau. Même si les flocons abondent cet hiver, "l'aléa climatique s'accroît" et rend nécessaire de "faire évoluer rapidement" la gouvernance des domaines, souligne la Cour. A ce jour, elle repose sur "un cadre de gestion peu adapté à l'importance des enjeux", avec des "opérateurs très puissants" comme la Compagnie des Alpes ou la Compagnie du Mont-Blanc. 

Pour la Cour, les stations doivent donc s'adapter "à un futur où le ski et les sports de neige ne seront plus l'unique ressource", ce qui exige "un développement équilibré" et "une solidarité renforcée entre les territoires". Elle conseille ainsi aux stations de basse altitude de se rapprocher des grandes agglomérations voisines pour développer un tourisme de proximité "diversifié et mieux réparti entre les saisons".

La rédaction avec AFP

 

 

 

 

 


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