Publié le 25 janvier 2018

ENVIRONNEMENT

À Davos, les dirigeants mondiaux plaident pour le climat

Le patron du groupe automobile indien Mahindra, en déplacement à Davos, a appelé toutes les entreprises du monde à le rejoindre dans la lutte contre le changement climatique. "C'est un gage de compétitivité", a soutenu Emmanuel Macron lors du Forum économique mondial. Une dynamique qui risque de retomber avec le discours de Donald Trump prévu le 26 janvier. 

Pour Emmanuel Macron, la lutte contre le changement climatique est l'un des cinq piliers de sa politique nationale.
@Elysée

Signe que les temps changent, c’est le géant indien de l’automobile, Anand Mahindra, qui a lancé un défi aux dirigeants présents au Forum économique mondial de Davos ce jeudi 25 janvier. Un défi climatique ! Il appelle les entreprises du monde entier à s’aligner avec l’objectif 2°C, inscrit dans l’Accord de Paris, et pour cela à rejoindre l’initiative Science Based Targets.

Pour montrer la voie, Anand Mahindra a annoncé que son groupe appliquerait intégralement l’Accord de Paris et a rappelé que deux des trois entreprises les plus émettrices du groupe faisaient déjà partie des 339 entreprises engagées dans l'initiative Science-Based Targets. Son objectif est d’atteindre les 500 d’ici la fin de l’année. D’ores et déjà, 900 sociétés à travers le monde ont déclaré leur intention de rejoindre le mouvement dans les deux ans.

Pas de climatosceptique dans l’assemblée

Avant le leader indien, Emmanuel Macron a demandé à la tribune, mercredi 24 janvier, que les entreprises "puissent rendre compte de leurs engagements de manière régulière" sur le climat. Il a ainsi déclaré vouloir faire de la France un "exemple dans la lutte contre le changement climatique" parce que c’est un gage de compétitivité. "Il nous faut absolument arrêter d’opposer le changement climatique à la productivité, pourquoi?? Parce qu’on doit attirer les talents et les talents viendront là où c’est agréable de vivre, là où la vie est agréable?!"

Le Président a par ailleurs réclamé la mise en place d’un prix plancher du CO2 et d’une finance verte au sein de l’Union européenne. Enfin, il a de nouveau défendu l’adoption du pacte mondial pour l’environnement d’ici 2020 comme "garde-fou juridique pour nos sociétés et outil de justice environnementale pour nos citoyens".

Et alors que Donald Trump doit prononcer son discours vendredi 26 janvier, le chef de l’État français s’est permis un tacle au président américain. "Une chose qui est certaine ici, à Davos, lorsque vous regardez par la fenêtre, surtout lorsque vous arrivez ici, dans ce bâtiment, on a vraiment du mal à croire dans le réchauffement climatique. Heureusement et bien évidemment, vous n’avez invité aucun climatosceptique cette année" a-t-il lancé ironiquement.

Le risque environnemental devant le risque économique

Le rapport (1) sur les risques mondiaux du Forum économique mondial, publié la semaine dernière, montre que les problèmes liés à l’environnement et au climat sont les principaux facteurs de risque pour l’économie mondiale dans les 10 prochaines années, en termes de probabilité comme d’impact potentiel. Les risques environnementaux ont ainsi dépassé les risques économiques aux yeux des décideurs interrogés depuis 2015, année de la COP21.

"Le temps presse pour endiguer le changement climatique. Dans quelques mois, Cape Town en Afrique du Sud deviendra la première grande ville du monde à manquer complètement d'eau, si rien ne change, à cause de la sécheresse. Les questions d'environnement et de soutenabilité doivent être placées au sommet des priorités des entreprises, car le problème est trop vaste pour que les gouvernements puissent s'y attaquer à eux seuls" ont déclaré des experts lors d’une session sur les risques environnementaux.  

Concepcion Alvarez @conce1

(1) Voir le rapport sur les risques mondiaux du Forum économique mondial


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