Publié le 11 octobre 2017

ENVIRONNEMENT

Etats généraux de l’alimentation : une loi pour mieux rémunérer les agriculteurs

Dans un discours très attendu visant à augmenter le revenu des paysans en crise, le Président de la République a annoncé mercredi une loi pour rééquilibrer les contrats commerciaux entre agriculteurs et distributeurs. A condition qu'ils réorganisent leurs filières de production.  

Dans son discours de Rungis du 11 octobre, Emmanuel Macron a appelé à "repenser collectivement une nouvelle France agricole".
Marina Fabre

A mi-parcours des Etats généraux de l'alimentation, le Chef de l’Etat était attendu au tournant par les agriculteurs. Dans son discours très attendu, délivré à Rungis mercredi, Emmanuel Macron a donc voulu leur redonner espoir, avec des mesures axées sur la rémunération des producteurs (voir le détail ici) . 

Industriels et distributeurs invités à participer

"Nous modifierons la loi pour inverser la formation du prix qui partira du coût de production" a ainsi déclaré Emmanuel Macron. Cette loi devrait être présentée et adoptée via des ordonnances "au premier semestre 2018". Elle demandera une "transformation profonde" du secteur.

Pour réaliser ce chantier, le chef de l’Etat a appelé "à repenser collectivement une nouvelle France agricole". Cela passera notamment à travers des contrats de filière qui serviront de base à la position de la France pour bâtir la future Politique agricole commune (PAC) européenne, qui doit voir le jour après 2020. Et par la participation de tous –distributeurs, industriels et producteurs – à l’effort. Ainsi, si le président s’est prononcé en faveur d'un "relèvement du seuil de revente à perte" afin de lutter contre les prix abusivement bas, une demande récurrente des agriculteurs, il leur demande, en contre-partie de "conclure pour la fin de l'année des plans de filières".

"Arrêt de certaines productions"

"Nous ne devons pas avoir une approche uniforme", a-t-il également déclaré, mettant en avant une "pluralité productive", et des  "dynamiques régionales" fortes. Le président a ainsi rappelé son engagement de campagne d'atteindre "50% de produits bio ou locaux d'ici 2022 en restauration collective". Un objectif qui va, selon lui, permettre de modeler les schémas de production en France et relancer l'agriculture et l'agroalimentaire. "Certaines productions, qui ne correspondent plus au goût des consommateurs et ne s'inscrivent pas dans la concurrence internationale", devront en revanche être "arrêtées".

Sur la question du  glyphosate, Emmanuel Macron a cependant resté sur un entre deux, s’engageant à "ne pas laisser les agriculteurs sans solution", tout en en réaffirmant l'objectif de "transformer le modèle agricole dans lequel nous nous sommes enferrés" qui "n'est pas durable".

L'ambition du président est de trouver les moyens de mettre un terme à la paupérisation de la profession agricole, tout en répondant à la forte nécessité de transformation du secteur pour répondre aux attentes sociétales et environnementales des Français.

La rédaction avec AFP 


© 2017 Novethic - Tous droits réservés

‹‹ Retour à la liste des articles

Voir nos offres