Publié le 13 février 2018

ISR / RSE

Nanoparticules : plus de dioxyde de titane dans les chewing-gums Malabar

Carambar and Co a retiré le dioxyde de titane - un additif contenant des nanoparticules - de ses chewing-gums Malabar depuis fin 2017. En 2016, le groupe avait été épinglé sur la présence de ces nanoparticules, dont l’agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (ANSES) étudie actuellement la dangerosité. Son retrait s'inscrit dans une nouvelle politique RSE (Responsabilité sociétale des entreprises) entamée depuis son rachat par le français Eurazeo l'an dernier. 

Carambar and Co a retiré le dioxyde de titane -un additif contenant des nanoparticules- de ses chewing-gums Malabar depuis fin 2017
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"Nous avons enlevé l'ingrédient dioxyde de titane du produit Malabar depuis la fin 2017, ce qui veut dire que les chewing-gums vendus actuellement n'ont plus cet ingrédient, mais cela n'apparaîtra sur les emballages qu'à la fin du premier semestre 2018", a annoncé le président de Carambar and Co, Thierry Gaillard, à l’AFP.

Le dioxyde de titane, de plus en plus contesté

Les nanoparticules et le dioxyde de titane, utilisé comme colorant dans les bonbons industriels, sont à l’index depuis quelques années déjà. Plusieurs associations comme Agir pour l’environnement ou UFC-Que Choisir ont réalisé ces dernières années des enquêtes mettant en évidence la présence de ces nanoparticules dans les aliments, sans que les consommateurs n’en soient informés. Fin janvier, l'association de consommateurs UFC-Que Choisir avait porté plainte contre neuf entreprises agroalimentaires ou de cosmétique - dont Carambar and Co ne faisait pas partie - pour ce motif.

L’Anses, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, étudie actuellement la dangerosité du dioxyde de titane dans l’alimentation. Elle a rendu un premier avis en avril 2017 où elle confirmait un "effet promoteur potentiel de la cancérogenèse du E171 observé au niveau du côlon" et appelait à de nouvelles expérimentations. En septembre, les ministères de la Santé, de l’Écologie, de l’Économie et de l’Agriculture lui demandaient de finaliser à court terme ces travaux pour porter ce sujet au niveau européen, et aux industriels de se conformer aux obligations de transparence.

Une mesure prise dans le cadre d’une nouvelle politique RSE

Carambar and Co a donc préféré anticiper au nom de la responsabilité sociétale des entreprises. "C'est un sujet très important, nous avons toute une réflexion RSE en cours", a ainsi précisé Thierry Gaillard, qui a pris ses fonctions de président début janvier.

Le fabricant de bonbons a été racheté l'an passé au groupe américain Mondelez par l'investisseur français Eurazeo. Une société d’investissement qui demande la mise en place d’une politique RSE complète à toutes les sociétés dans lesquelles elle investit. Après les nanoparticules, le groupe Carambar and Co pourrait ainsi travailler sur les emballages plastiques.

Miser sur le made in France

Après des années de déclin de ses marques de bonbons, "abandonnés" par leur précédent propriétaire, Carambar and Co mise désormais sur le "made in France". La société vient d'ouvrir deux centres de Recherche et développement en France dans l'espoir de relancer sa douzaine de marques : Malabar, Mi-cho-Ko, Poulain, la Pie qui chante, les rochers Suchard ou les pastilles Vichy.

La marque, leader sur son marché il y a 10 ans, a dégringolé à un peu plus de 15,5 %. Le groupe prévoit d’investir 35 millions d’euros pour moderniser ses cinq sites de production et augmenter de "de 20 % son chiffre d'affaires en cinq ans". 

Béatrice Héraud avec AFP


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