Publié le 11 janvier 2018

ISR / RSE

Chaque but marqué va désormais renforcer la responsabilité sociétale du football professionnel

Le football n’a pas bonne presse. Argent, violence et affaires n’en font pas toujours un bon exemple. Or, en France, il s’agit du troisième lieu éducatif en termes de nombre de jeunes accueillis, après la famille et l’école. Conscient de cette responsabilité, la ligue professionnelle de football lance un programme RSE (Responsabilité sociétale des entreprises) qui met l’accent sur la formation des jeunes aux métiers du numérique.

Edinson Cavani est le meilleur marqueur du championnat de France de football.
AFP

La 20e journée de la ligue 1 de football, qui se déroule du 13 au 15 janvier 2018, ne sera pas tout à fait comme les autres. "À partir de ce week-end, un but inscrit en Ligue 1 et en Ligue 2 rapportera 100 euros à une Fondation", a expliqué la Présidente de la Ligue professionnelle de Football, Nathalie Boy de la Tour. Cette annonce a été faite dans le cadre du lancement du programme RSE (Responsabilité sociétale des entreprises) de la Ligue.

"Le football transcende la société quel que soit l’âge, la couleur de peau, la religion", explique Nathalie Boy de la Tour qui assure que le sport crée une société plus inclusive. Elle ajoute : "La ligue professionnelle de football est une entreprise et l’importance de la RSE pour les entreprises n’est plus à démontrer !".

Une cible unique

À en croire la ligue, 97 % des clubs de football français sont déjà engagés dans des œuvres sociales, ce qui représente 3 000 actions et affecte un million de personnes en France. Cumulé, le football reverse 4 % de son chiffre d’affaires pour des actions sociétales (ONG, éducation, santé…), "contre 0,5 % pour la moyenne du CAC40", assure la ligue. "Mais toutes ces initiatives sont trop éparses", constate Nathalie Boy de la Tour.

C’est pourquoi, la Ligue a décidé de sélectionner une cible spécifique sur laquelle faire peser son effort. Simplon est l’heureux élu. Il s’agit d’une entreprise de l’économie sociale et solidaire et une fondation d’utilité publique. Elle déploie un réseau de 40 "Fabriques" (des écoles en réalité) qui forme aux métiers du numérique (codeur, développer, e-commerce…) des jeunes éloignés de l’école et de l’emploi.

La ligue a calculé les impacts théoriques de ces dons. Les 28 buts marqués lors de la 19e journée de Ligue 1 auraient ainsi permis de financer 330 heures de formation au code. En 2017, les 35 buts marqués par le meilleur contributeur de la saison précédente, à savoir Edinson Cavani (PSG) auraient favorisé la sensibilisation de 100 enfants au code informatique.

Dans l’attente que les clubs abondent

Au total, la ligue devrait verser un peu moins de 200 000 euros par saison à Simplon. La somme est toutefois dérisoire par rapport aux millions brassés par le football professionnel. Nathalie Boy de la Tour entend la critique et assure pour l’instant "vouloir créer les conditions pour que les clubs s’approprient la démarche". Alexandre Mars, président d’Epic, qui a aidé la ligue a sélectionné Simplon appuie : "C’est un amorçage pour inciter des partenaires, des clubs et des joueurs à abonder".

Et c’est déjà un peu le cas. Pour relayer cette initiative, trois clubs, le RC Lens, le Toulouse FC et l’OGC Nice, vont se rapprocher de leur fabrique Simplon locale pour accueillir des jeunes en formation, leur proposer des stages et des offres d’emplois. Un représentant du RC Lens témoigne : "Nous sommes implantés dans un bassin compliqué pour l’emploi et la jeunesse, nous avons un devoir de faciliter l’insertion professionnelle".

Au-delà de la France, on assiste à une prise de conscience du monde du football, quant à son impact sur la société. Chaque grand championnat européen a son identité en la matière. La "Premier League" en Angleterre est très tournée vers l’éducation. La "Bundesliga" en Allemagne est orientée vers l’accueil des réfugiés. On voit aussi des mouvements issus des joueurs, comme l’initiative CommonGoal portée par Juan Mata, qui évolue à Manchester United. Il invite à reverser 1 % du salaire des footballeurs à des offres caritatives.

Ludovic Dupin, @LudovicDupin


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