Publié le 13 septembre 2012

ÉNERGIE

Conférence environnementale, mode d'emploi

Après la conférence sociale en juillet, voici le tour de la conférence environnementale les 14 et 15 septembre. A peine deux jours pour mettre sur la table des sujets aussi vastes que l'énergie, la biodiversité, la santé environnementale, la gouvernance et la fiscalité. Que faut-il donc attendre de cette concertation?

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Le contexte

C'était l'un des engagements du candidat Hollande fait devant les associations écologistes au début de sa campagne : mettre le dialogue environnemental au même plan que le dialogue social, avec notamment la tenue d'une conférence environnementale. Annoncée en juillet, c'est finalement ces vendredi et samedi qu'elle va avoir lieu. Comme la conférence sociale du 9 et 10 juillet, elle se déroulera au Conseil économique, social et environnemental, s'ouvrira par un discours du Président de la République et se clôturera par une conclusion du Premier ministre. 300 personnes environ y participeront : les 5 collèges du Grenelle (ONG, syndicats, employeurs, collectivités locales, Etat) +1, celui des parlementaires.

Cinq ans après le Grenelle de l'environnement, il s'agira pour la nouvelle majorité de ne pas décevoir les attentes des parties prenantes sur cette thématique qui n'a pas été au centre des premiers mois de la prise de pouvoir par la gauche. Pire, la cacophonie gouvernementale sur le nucléaire et les gaz de schiste ainsi que l'éviction surprise de la première ministre de l'Environnement, Nicole Bricq, a suscité de nombreux doutes et interrogations. Plus récemment, l'interview télévisée du Président de la République au journal de TF1 dimanche 9 septembre, qui n'a fait à aucun moment mention de la conférence environnementale, a été interprétée comme un manque de volonté politique sur le sujet par plusieurs associations et syndicats.

Les attentes

Pourtant - et ce n'était pas acquis (voir article lié)- toutes les parties prenantes seront au rendez-vous et attendent du gouvernement, sinon de grandes annonces, au moins des signaux forts et un agenda des objectifs environnementaux prioritaires ainsi que les moyens qui seront mis en œuvre pour les financer. Mais elles se montrent vigilantes : deux jours avant la tenue de la conférence, de nombreuses ONG (RAC WWF, Amis de la Terre, FNH, 4D, etc) ont ainsi diffusé une note de position commune, dans lesquelles elles définissent « un certain nombre de principes et de conditions », sur le fond comme sur la forme, qui doivent, à leurs yeux, présider à l'organisation de ce débat...« Nous n'avons pas le droit à l'erreur », clament en parallèle nombreux acteurs issus de différents domaines, acteurs de la conférence ou non (François Chérèque (CFDT), Christophe Aubel (Humanité et biodiversité), Jean Jouzel (CEA), Jacques Weber (Cirad), etc.) dans une tribune.

Les critiques

Il y a les présents mais aussi ceux qui n'y seront pas. Et qui le font savoir. Ainsi, l'association Amorce, spécialisée dans l'énergie et les déchets (470 collectivités et 235 entreprises, fédérations professionnelles et associations) avait participé au Grenelle. Elle est cette fois absente de la conférence et regrette le peu de place accordée aux thématiques déchets, « quasiment inexistantes dans la feuille de route ministérielle ». Même déception du côté du Comité 21, qui avait été très actif lors du sommet de Rio+20, et qui déplore que l'appel des ONG « plus transversales » à participer à la conférence n'ait pas été entendu par le gouvernement. Dans une contribution qu'il a tout de même tenue à faire, le Comité qui juge la conférence « trop axée sur l'environnement » au détriment d'une vision plus globale demande au gouvernement la signature d'un contrat d'engagement national pour le développement durable.

Trop franco-française. C'est aussi ce que regrettent aussi plusieurs associations. Alors que les Amis de la Terre déplorent l'absence de vision pour les pays du Sud, le Rassemblement pour la planète souligne le manque de représentants européens alors même que 70% de la législation environnementale est décidée par l'Union européenne...

Enfin, il y a le manque de temps et de méthode. « Qu'est ce qui peut sortir d'une conférence avec 5 tables rondes simultanées », qui doivent travailler « sur des feuilles de route, des objectifs à long terme et des projets très concrets et déjà ouverts « (comme la rénovation des logements), d'une « durée totale de 7h30 », « avec des acteurs qui n'ont pas l'habitude de se parler, de négocier entre eux... », interroge Greenpeace.

Béatrice Héraud
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