Publié le 29 décembre 2017

ÉNERGIE

Le surplus de la production éolienne et solaire bientôt converti en gaz à Fos-sur-Mer

Avec le développement massif des éoliennes et des panneaux solaires, l’enjeu est désormais de stocker et valoriser l’électricité produite en surplus. Une des pistes est le "power to gas", une technique qui consiste à convertir les électrons en gaz. Jupiter 1000, le premier démonstrateur industriel de l’Hexagone, est en train de voir le jour à Fos-sur-Mer, dans les Bouches-du-Rhône.   

Le projet Jupiter 1000, qui doit entrer en service en 2018, est doté d’une puissance d’un mégawatt, soit la consommation annuelle de 150 familles.
DR GRT-gaz

La première pierre de Jupiter 1000 a symboliquement été posée ce lundi 18 décembre en présence de GRT-gaz et de ses huit partenaires, conformément au calendrier fixé. Installé sur une parcelle de 6 500 mètres carrés, ce démonstrateur se situe au cœur une pépinière d’entreprises innovantes du Grand Port de Marseille. "On inaugure un démonstrateur aujourd’hui, j’espère qu’on inaugurera bientôt un outil industriel", a déclaré René Raimondi, le maire de Fos-sur-Mer, lors de la cérémonie officielle.

Ici, l’objectif est de réussir à produire du méthane de synthèse, un équivalent du gaz naturel, à partir des surproductions d’électricité des éoliennes de la région. C’est la technique dite du "power to gas". Elle consiste à utiliser l’électricité renouvelable en surplus pour produire de l’hydrogène par électrolyse de l’eau. L’hydrogène est ensuite combiné à du CO2 capté sur un site industriel voisin, par un processus de méthanation. Le méthane ainsi formé – neutre en carbone – est injecté dans le réseau gazier, sans aucune restriction de volume. Les industriels locaux serviront de cobaye pour tester dans leurs usines le gaz produit par Jupiter 1000.

Schéma de fonctionnement de Jupiter 1000.

10 % de gaz renouvelable en 2030

Le projet, qui doit entrer en service en 2018, est doté d’une puissance d’un mégawatt, soit la consommation annuelle de 150 familles. D’une durée de vie de trois ans, il vise à tester la viabilité technico-économique du Power to Gas afin de faire émerger une nouvelle filière de production de gaz renouvelable. La loi de transition énergétique prévoit d’atteindre 10 % de gaz renouvelable à l’horizon 2030.

"C’est l'une des premières réalisations concrètes en France autour des technologies relevant de l’hydrogène", a estimé Bruno Lechevin, président de l’Ademe, partenaire du projet. L’organisation rendra en début d’année prochaine un rapport instruisant la possibilité d’atteindre du gaz 100 % renouvelable d’ici 2050.

Un autre projet, baptisé Grhyd et porté par Engie à Dunkerque, va lui aussi convertir l’énergie éolienne en hydrogène pour chauffer un quartier et faire rouler des bus. Directement injecté dans le réseau de distribution de gaz (dans une proportion limitée à 20 %), il va permettre de répondre aux besoins en chauffage et eau chaude de 100 logements. L’hydrogène, mélangé à du gaz naturel, va aussi pouvoir alimenter une flotte de 50 bus.  

Concepcion Alvarez @conce1


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