Publié le 06 décembre 2017

ÉNERGIE

Madrid tente d'empêcher la fermeture de centrales à charbon

Alors que le monde s'apprête à fêter les deux ans de la COP21, Madrid envoie un bien mauvais signal. Le gouvernement espagnol vient de publier un décret rendant difficile la fermeture de centrales à charbon. Il vise ainsi le géant Iberdrola qui s'est engagé à sortir du charbon et à devenir neutre en carbone en 2050, conformément aux objectifs fixés dans l'Accord de Paris. 

Iberdrola promet de réduire ses émissions de 50 % d'ici 2030, de devenir neutre en carbone en 2050 et d’investir 85 milliards d’euros dans les énergies renouvelables.

C'est un drôle de bras de fer qui s'est engagé en Espagne. Le gouvernement de Madrid s'oppose au géant basque de l'énergie Iberdrola sur le charbon. Le patron de la multinationale, Ignacio Sanchez Galan, s'est engagé, lors de la COP23, à sortir du charbon en fermant ses deux dernières centrales. Il promet également de réduire ses émissions de 50 % d'ici 2030, de devenir neutre en carbone en 2050, et d’investir 85 milliards d’euros dans les énergies renouvelables.

Mais c'était sans compter sur l'opposition farouche de l'exécutif et en particulier du ministère de l'Énergie qui a publié en réaction un décret rendant les conditions pour fermer un site de production électrique très contraignantes. Ainsi, un site ne pourra être fermé s’il est rentable, si sa fermeture est une menace pour la sécurité d’approvisionnement, ou encore si les prix de l’électricité risquent de grimper. Tout autant d'arguments que Madrid oppose à Iberdrola.  

Bruxelles a ouvert une enquête  

"Le gouvernement nage à contre-courant, il ne pas aller contre la tendance générale, a déclaré Ignacio Sanchez Galan. Tout le monde bouge dans une direction et l'Espagne ne peut pas bouger dans le sens contraire." Lors de la COP23, l'Espagne s'est illustrée par son opposition à la fermeture des centrales à charbon d’ici à 2030 aux côtés de pays comme la Pologne ou les Etats-Unis. La péninsule compte actuellement quinze centrales à charbon et dépend à près de 14 % de cette énergie.  

Sur fond de bataille entre l'Etat et l'énergéticien, la Commission européenne a de son côté ouvert une enquête sur les aides d'État concédées par le gouvernement espagnol aux centrales à charbon en échange de l'installation de filtres réduisant leurs émissions. Or, les bénéficiaires ne faisaient là que remplir leurs obligations en vertu du droit européen en matière d’environnement. Au total, 400 millions d'euros ont été versés depuis 2007. 

"Si vous polluez, vous payez : c’est un principe fondamental dans la loi environnementale de l’Union européenne. Les règles sur les aides d’État de l’UE ne permettent pas aux États membres d’exonérer les entreprises de cette responsabilité en utilisant l’argent du contribuable", a déclaré  la commissaire européenne en charge de la concurrence, Margrethe Vestager, dans un communiqué. "Par conséquent, le soutien accordé à ces centrales à charbon leur a conféré un avantage concurrentiel déloyal. Nous allons désormais examiner cette question plus en détails", a-t-elle souligné.  

Concepcion Alvarez @conce1


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